Fêtes de fin d'année : sans couvre-feu, le Nouvel An sera-t-il "super contaminant" ?

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ÉPIDÉMIE – Exemptées de couvre-feu, les festivités à l’occasion du Nouvel An semblent plus inquiétantes d’un point de vue sanitaire que celles de Noël.

Après des mois marqués par des restrictions sanitaires en pagaille, le gouvernement a décidé de lâcher du lest pour les fêtes de fin d’année. En levant le couvre-feu, mis en place le 15 décembre, pour les soirs du 24 et du 31, il permet donc aux Français de se réunir et mise sur la responsabilité collective. "Il est impératif que vous limitiez le nombre de personnes à table et évitiez les rassemblements", a déjà prévenu Jean Castex lors d'une conférence de presse jeudi 26 novembre. "Les moments de rassemblements festifs et amicaux, dont font partie les fêtes de fin d’année, sont des périodes risquées car elles correspondent à des moments où nous portons moins le masque et plus largement où nous pouvons baisser notre garde", admet de son côté la Direction générale de la Santé. "Pourtant, il sera indispensable que chacun respecte scrupuleusement les gestes barrières, en particulier en présence des personnes âgées ou fragiles, qu’il nous faut veiller à protéger spécifiquement."

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En outre, le Premier ministre prévoit d'apporter des "recommandations concrètes" sur le déroulé des festivités dans les jours à venir. Mais déjà, des soirées s’organisent, pas forcément placées sous le signe de la distanciation physique, et l’impatience est palpable après cette deuxième période à domicile d'un mois et demi. "Vrai Nouvel an en préparation", "Je sais pas où je vais faire le Nouvel an, la seule chose que je sais c’est que je veux me mettre une mine", "Nouvel an = grosse cuite", s’enthousiasment des jeunes internautes, repérés sur Twitter. 

Pas de fête sans isolement ensuite ?

Si les jeunes n’ont pas le monopole de la fête, ils sont en revanche plus asymptomatiques que d’autres. Ce qui peut favoriser les contaminations à l’occasion du Nouvel an, comme le précise la chercheuse Virginie Courtier, qui s’emploie à donner des clés de compréhension sur l’épidémie via le site "Adios corona" : "À Noël, il y aura du brassage et les gens ne sauront pas forcément s’ils sont contaminés une semaine plus tard". Pour éviter les transmissions à la chaîne, Virginie Courtier voit les choses simplement : "Le problème des jeunes n’est pas d’être infecté mais plutôt de propager l’épidémie. Il faut donc que ceux qui choisissent de faire la fête ne prévoient pas de visiter leur grand-mère dans les 15 jours suivants". 

Mais peut-on réellement faire la fête en cette fin 2020 sans propager le virus ? "Il y a un risque réel", admet Pierrick Tranouez, modélisateur au laboratoire LITIS de l’université de Rouen et vulgarisateur sur le site "CoVprehension". "Ce qui est sûr, c’est que si quelqu’un de malade se trouve dans une pièce fermée, il va émettre des particules chargées de virus dans l’air." C’est pourquoi ce dernier conseille d’éviter les grandes réunions et d’aérer le plus possible. Malgré tout, des comportements sont plus à risque que d’autres : chanter, crier ou danser proches les uns des autres sont par exemple des conduites connues pour être propagatrices du virus. "On sait que quand on chante, on émet beaucoup plus de particules", étaye Virginie Courtier, "il y a eu des karaokés qui ont donné lieu à d’importantes contaminations". 

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Autre facteur à prendre en compte, l’alcool. Généralement un invité de marque des célébrations, il parait peu compatible avec le respect des gestes barrière. "L’alcool est désinhibiteur et la discipline du masque se relâche quand on commence à s’échauffer un peu", développe Pierrick Tranouez. Alors, ces événements privés, quand bien même seraient-ils isolés, peuvent-ils provoquer une reprise brutale de l’épidémie ? "Oui, c’est possible", souffle le chercheur, "on a vu par le passé des événements de super contaminations où peu de personnes, voire une personne, vont contaminer beaucoup de gens dans des lieux fermées." 

Comme le rappelle Virginie Courtier, ces "super contaminateurs" peuvent transmettre la maladie très largement autour d’eux : "15% des gens sont responsables de 80% des transmissions". Ainsi, la présence de ces personnes à une fête, dont on connait encore trop peu le profil, n’est pas à négliger, ajoute Pierrick Tranouez, qui rappelle que l’épidémie a démarré en France à la suite d’un cluster au sein d’une église évangélique de Mulhouse. 

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