Filière djihadiste de Strasbourg : 9 ans de prison pour le frère d'un kamikaze du Bataclan

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JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce mercredi, sept Alsaciens pour s'être rendus en Syrie. Le frère de l'un des kamikazes du Bataclan a écopé d'une peine de prison de neuf ans.

Sept Alsaciens, poursuivis pour être allés en Syrie entre décembre 2013 et avril 2014, ont été condamnés ce mercredi à des peines allant de six à neuf ans de prison, assorties d'une période de sûreté des deux tiers. La peine la plus lourde a été prononcée contre Karim Mohamed-Aggad dont le frère Foued, qui était du voyage en Syrie, a été identifié comme l'un des kamikazes du Bataclan. Le tribunal correctionnel de Paris a également ordonné leur inscription au fichier des auteurs d'infractions terroristes. 

"Nous pensons faire appel", a réagi l'avocate de Karim Mohamed-Aggad, Me Françoise Cotta. A ses yeux, c'est "un tribunal aux ordres qui a rendu une décision de peur dans une France qui a peur". Lors du procès qui s'est tenu durant dix jours fin mai début juin, les prévenus, âgés de 24 à 27 ans, certains portant une barbe fournie affichaient un sourire parfois goguenard, d'autres aux joues rasées faisaient une mine sombre.

Rappel des faits

Après leur séjour en Syrie, ils étaient rentrés en France début 2014 en ordre dispersé. Un an plus tôt en 2013, onze jeunes hommes habitant Strasbourg ou sa proche banlieue décident de rejoindre la Syrie. Le voyage, préparé en partie dans un bar à chicha à Kehl, ville allemande voisine, s'organise avec l'aide d'un recruteur bien connu des services de renseignement, Mourad Farès.

Les frères Boudjellal mourront en Syrie peu après leur arrivée. Quelques mois après, les autres décident de rentrer, avant la proclamation officielle du "califat" du groupe Etat islamique en juin 2014. Tous sauf un : Foued Mohamed-Aggad qui, selon le récit de l'un des prévenus, reste en Syrie et "part dans son délire".

Ceux qui reviennent sont interpellés et incarcérés en mai 2014. Ils affirment aux enquêteurs être partis "faire de l'humanitaire", avoir été bernés, "pris au piège" par des "fous sanguinaires". Certains nient avoir touché une arme, se contentant de "faire la cuisine" et le "ménage", ou d'"acheter des bonbons aux enfants". D'autres admettent avoir tiré à la kalachnikov, mais seulement pour s'entraîner. Une version mise à mal par les enquêteurs et jugée illégitime par le tribunal.

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