700 tenues de travail radioactives déterrées par hasard à Flamanville

700 tenues de travail radioactives déterrées par hasard à Flamanville

DÉCOUVERTE - Elles se cachaient à quelques mètres de profondeur sur le site de la centrale nucléaire de Flamanville. EDF a annoncé mardi avoir retrouvé par hasard 699 tenues de travail contaminées au cobalt 60 lors d'un chantier. L'Autorité de sûreté nucléaire réclame maintenant des comptes.

Elles sont sept fois plus nombreuses que ce que l'on pensait. Au lieu de la centaine de tenues radioactives qu'EDF avait annoncé avoir trouvées par hasard sur un chantier à la centrale nucléaire de Flamanville, il y en aurait finalement 699. Pour l’heure, l’origine de ces vêtements contaminés au cobalt 60, un produit notamment présent dans les rejets liquides des centrales électronucléaires, reste floue. 

Tout a commencé avec un coup de pelleteuse. En mai 2016, EDF annonçait avoir trouvé, enterrés à quelques mètres de profondeur, des déchets non-radioactifs sur le terrain de la centrale nucléaire de Flamanville. Le chantier d’un parking y était en cours. Deux mois plus tard, la présence parmi ces déchets d’une centaine de tenues contaminées étaient mise au jour par le producteur d'électricité. Et leur nombre est finalement bien plus important. 

"C'est un chantier en mouvement. On a commencé à faire ces travaux d'excavation : on avait des déchets traditionnels, du bois, de la ferraille.  Puis on a trouvé des tenues et on a continué à creuser, on en a trouvé d'autres, 699 exactement", explique Stéphane Brasseur, directeur de la centrale. Il n'est "pas exclu" qu'EDF trouve d'autres tenues contaminées, ajoute-t-il.

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Un dossier explicatif très attendu par l'Autorité de sûreté nucléaire

Suite à cette découverte, les travaux d'excavation ont été suspendus. "Comme nous avons trouvé des traces de cobalt 60 sur ces tenues", EDF doit "monter un dossier" auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour être autorisé à poursuivre les travaux, explique Stéphane Brasseur. EDF entend déposer le dossier au plus tard à la fin de l'année. Dans ces pages, l'industriel devra notamment fournir des explications concernant l’origine de ces tenues et leur présence sous terre. 

L’entreprise avait annoncé en juillet que les déchets conventionnels retrouvés dataient de la construction de la centrale, dans les années 1980. Mais elle a concédé mardi que la présence de cobalt sur les tenues ne pouvait provenir que du fonctionnement d'une installation nucléaire en activité. Selon l'industriel, les tenues ont au moins vingt-cinq ans.

Le cobalt 60 perdant la moitié de sa radioactivité tous les cinq ans, l'ASN indique que les traces de cobalt représentent aujourd'hui "des valeurs très faibles, à la limite du seuil de détection des appareils de mesure". Il y a quelques années néanmoins, les vêtements l'étaient bien plus et auraient pu mettre en danger les travailleurs officiant sur le site. Selon un article du Parisien datant des premières extractions de déchets, les équipes de l'ASN envoyées sur place avaient découvert que la zone des déchets "s'étendait jusque sous des modules préfabriqués, réservés aux ouvriers du chantier".

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