Flambée de Covid dans le Nord : "Il n'y a pas de 'carnaval underground' à Dunkerque", assure le sous-préfet

Flambée de Covid dans le Nord : "Il n'y a pas de 'carnaval underground' à Dunkerque", assure le sous-préfet

SANTÉ - Le chef du pôle de l'urgence et du Samu du nord au CHU de Lille Patrick Goldstein a pointé mercredi le "carnaval underground" comme potentielle explication à la flambée de Covid-19 dans la région. Les autorités contestent.

Ce sont quatre phrases. Quatre phrases qui ont jeté le trouble et semé parfois même la zizanie. Mercredi, Patrick Goldstein, chef du pôle de l'urgence et du Samu du Nord (59) au CHU de Lille expliquait ainsi dans un entretien à La voix du Nord que la flambée de Covid dans la région était "peut-être" due à ce qu'il a appelé des "carnavals underground".  "Aujourd’hui, nous le savons, nous sommes en période de carnaval. Nous savons également tout l’amour que les Dunkerquois et les habitants du Nord ont pour ce carnaval et le drame que ça représente pour eux de ne pas pouvoir le faire comme d’habitude. Peut-être sont-ils en train de le faire autrement, peut-être y a-t-il un carnaval underground. Peut-être y a-t-il quelques chapelles qui, quand même, existent pendant la nuit", a détaillé le médecin à la tête du Samu 59 dans les colonnes du journal local. 

Pour les Nordistes en effet, le carnaval semble avoir autant d'importance que pour les Vénitiens, les Londoniens ou les habitants d'Outre-Mer. Pour autant, cela signifie-t-il que l'organisation de rassemblements clandestins ait été constatée dans la région. "Pas du tout", selon Hervé Tourmente, sous-préfet de Dunkerque, contacté par LCI ce jeudi. "Le carnaval dans la région dure normalement de janvier à avril, avec des bals, des fanfares et ce que l'on appelle des chapelles dans des lieux privés. Bien évidemment, en raison du contexte sanitaire, tout ceci a été annulé il y a quelque temps déjà, rappelle ce dernier à notre rédaction. Ce qui est pointé du doigt aujourd'hui par le Samu est faux. Il n'y a eu absolument aucune manifestation. J'ai eu tous les contacts avec les associations de carnavaleux, la confrérie des Tambours majors. Il n'y a rien eu". 

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Simples soupçons

Avec des phrases ponctuées de peut-être, le patron du Samu n'imaginait sans doute pas que son expression de "carnaval underground" prendrait tant d'ampleur. "Il ne s'agit que de simple soupçon pour tenter d'expliquer la hausse du nombre de contaminations. Mais je vous assure, nous n'avons verbalisé personne pour des carnavals comme ça. Nous n'avons eu aucun appel au 17 pour signaler des bruits. Toutes les nuits, nous interpellons une vingtaine de personnes sur Dunkerque mais ce ne sont pas du tout des profils  carnaval mais simplement des personnes qui ne respectent pas le couvre-feu, les mêmes que nous avions il y a deux ou trois mois. Nous avons un ou deux établissements recevant du public de type bar qui sont  verbalisés chaque semaine. Mais personne n'a été verbalisé pour l'instant pour des chapelles sauvages, et même pas de signalement d'ailleurs ni de jour, ni de jour, ni de nuit, ni pour 10 personnes, ni pour 50. Le propos du patron du Samu ne s'illustrent ni dans les faits, ni dans les chiffres", assure Hervé Tourmente. 

Même son de cloche au cabinet du maire  de Dunkerque, Patrice Vergriet. "Les gens à Dunkerque ont été très respectueux des messages qui étaient passés. Le carnaval a été annulé des le mois d'octobre et les élus locaux comme les Tambours majors ont appelé la population à ne pas faire de chapelle bien évidemment.  Et cela a été respecté. Il n'y a pas plus de chapelles clandestines à Dunkerque ou de carnavals clandestins qu'il n'y a d'apéros à Paris ou à Lille", indique-t-on à la mairie avant d'ajouter : cette polémique n'a pas lieu d'être. 

Campagne exceptionnelle de dépistage gratuit

Le nombre de cas Covid a augmenté depuis début février dans la région. Et la stratégie à adopter face à la flambée épidémique a donné lieu à une passe d'armes entre le maire de Dunkerque, qui avait demandé la fermeture des établissements scolaires une semaine avant les vacances, et la préfecture, qui a opté pour décaler les entrées et sorties dans le primaire et mettre le secondaire "en mode mixte" (présentiel/distanciel).  

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Jeudi et vendredi, l'Agence régionale de Santé va mener une campagne exceptionnelle de dépistage gratuit et sans rendez-vous. Elle a également décidé d'allouer 2400 doses de vaccin Moderna, "issues du stock de sécurité régional", à la communauté urbaine de Dunkerque et à la communauté de commune des Hauts-de-Flandre "pour protéger les plus fragiles contre le variant britannique".

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