Fondamentalisme, misoyinie… Les curieux invités du Salon de la femme musulmane

Fondamentalisme, misoyinie… Les curieux invités du Salon de la femme musulmane

RELIGION - En s’invitant au Salon musulman dédié à la femme à Pontoise samedi soir, les Femen ont voulu dénoncer une "foire de l’oppression des femmes". Elles critiquent notamment les prédicateurs fondamentalistes présents sur place. Qu’en est-il ?

Un salon dédié aux femmes… mais où ceux qui parlent sont des hommes. Et qui parlent plutôt soumission. La programmation du salon musulman du Val d’Oise, peut surprendre. L’événement, qui déroulait cette année sa troisième édition au parc des expositions de Pontoise, visait cette année à "mettre la femme à l’honneur". Mais voilà : sous couvert d’un nom plutôt évocateur pour le rôle de la femme dans la communauté musulmane, force est de constater que le programme ne milite pas vraiment pour leur émancipation. 

Pendant deux jours, le Salon musulman propose ainsi des "cookings show", animés par... une femme, Choumicha, un défilé de mode. Mais aussi et surtout, de nombreuses conférences, aux thématiques variées, tournant autour des femmes : "La femme, l’éducatrice au grand mérite", "la valorisation de la femme en Islam", ou encore "les solutions pour un couple harmonieux". Et pour tous ces bons conseils, les orateurs sont à 99% des hommes – une seule femme, Nassima Prudor, qui milite pour le port du voile, est intervenue sur "L’Islam traite-t-il l’homme et la femme de la même manière ?"

Certains prédicateurs, comme Rachid Abou Houdeyfa, imam de la mosquée de Brest, Nader Abou Anas, imam de la mosquée Al Imane du Bourget, sont particulièrement controversés. Un petit tour sur Youtube suffit pour s’en convaincre : ces jeunes imams ultra-connectés, qui savent à merveille communiquer sur leurs comptes Facebook, chaîne Youtube et Twitter, ne sont pas de fervents défenseurs de l’émancipation des femmes. Ils prônent plutôt sa soumission.

"Le Hijab, c’est la pudeur de la femme"

Sur internet, Rachid Abou Houdeyfa, venu donner dimanche "les solutions pour un couple harmonieux", se met ainsi en scène dans des vidéos promettant "de convaincre de mettre le Hijab en 30 minutes". Le raisonnement est percutant : "Le Hijab, c’est la pudeur de la femme", explique-t-il. "Sans pudeur, une femme n’a pas d’honneur. Si elle sort sans son honneur, elle ne doit pas s’étonner que les frères, que les musulmans ou non-musulmans abusent de cette femme, la négligent et ne lui donne aucune importance." Et la femme musulmane qui sort sans voile risque gros : "Son visage sera retourné dans le feu de l’Enfer", promet l’imam.

A LIRE AUSSI >> A Pontoise, les Femen ne sont pas les bienvenues au Salon de la femme musulmane (vidéos)

Dans ses prêches mis en ligne, Nader Abou Anas explique, lui, que la place de la femme est de "rester dans la demeure", ou encore de ne "jamais se refuser à son mari sans raison valable", sous peine d’être "maudite par les anges toute la nuit". Hatim Abou Abdillah, imam à Maisons-Alfort, rappelle de son côté aux femmes "qui se parfument et sortent dans la rue pour qu’on les regarde" qu’elles sont considérées par son Seigneur comme des "fornicatrices".

Fondamentalisme, radicalisation… La teneur de l’événement a été largement dénoncée en début de semaine, via une pétition sur Change.org , qui a recueilli plus de 6.900 soutiens. "Ces prédications ne doivent pas être prises à la légère par les pouvoirs publics", indique le texte de la pétition. "Il est évident que de tels discours vont à l'encontre non seulement de l'égalité homme-femme, mais aussi de la position d'une grande majorité de musulmans." Samedi soir encore, les Femen se sont invitées sur scène , dénonçant une "foire à l’oppression de la Femme". Reste que ce que genre d’événement, liant deux sociétés commerciales, ne peut être interdit par les pouvoirs publics. La liberté d’expression en France permet en effet à chacun de dire ce qu’il veut dans le cadre de manifestations privées – à moins d’un risque de trouble à l’ordre publique ne soit avéré. C’est l’argument qui avait notamment été retenu pour justifier l’interdiction des spectacles de Dieudonné, en 2014.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Ce que l'on sait de la mort de Maxime Beltra, décédé à 22 ans après une injection du vaccin Pfizer-BioNTech

EN DIRECT - Covid-19 : trois patients seront transférés samedi de Martinique vers Paris

PHOTO - Emmanuel Macron préside un conseil des ministres depuis son avion, un fait inédit

Le tableau des médailles des JO de Tokyo : la France 8e, après une belle journée en argent

Covid-19 : le pass sanitaire élargi entrera en vigueur le 9 août

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.