Forsane Alizza : jugé pour terrorisme, le groupuscule islamiste plaide "l'autodéfense"

Forsane Alizza : jugé pour terrorisme, le groupuscule islamiste plaide "l'autodéfense"

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PROCES – Le groupe Forsane Alizza fondé en 2010 avait été dissous en 2012 par le ministère de l’Intérieur qui le qualifiait de "milice privée" et le soupçonnait d’intentions terroristes. Le groupuscule islamiste invoque le seul but de l’autodéfense face à la multiplication d'attaques islamophobes.

Ils veulent défendre un "islam décomplexé", mais en aucun cas ne préparaient d’attentat terroriste. Lundi, à l’ ouverture du procès du groupe Forsane Alizza à Paris, le leader Mohammed Achmalane s’est défendu de toute "inspiration terroriste". L'homme de 37 ans, qui s'est présenté devant le tribunal correctionnel de Paris vêtu de noir, avec son éternel collier de barbe mais les cheveux désormais grisonnants, est poursuivi avec 14 autres membres des "cavaliers de la fierté" pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

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Le groupe fondé fin 2010 avait été dissous début 2012 par le ministère de l'Intérieur, qui le qualifiait de "milice privée". Fin mars 2012, un coup de filet avait visé ses membres, les enquêteurs estimant disposer "d'éléments laissant craindre que le groupe ne possède des armes et ne passe à l'action violente". "Nous n'avions pas d'inspiration terroriste", s'est défendu Achamlane dans ses premières déclarations. Pour lui, Forsane Alizza avait un seul but, "l'autodéfense" face à la multiplication d'attaques islamophobes. "On va se prendre en main. On se sent en insécurité et on ne va pas laisser nos femmes et nos enfants se faire égorger".

"Stigmatisés comme des vendeurs de pain au chocolat"

"Je suis pour la légitime défense, mais je ne suis pas raciste, je ne suis pas antisémite", assure-t-il, alors que le dossier d'accusation évoque notamment un fichier informatique dénommé "cibles" et listant des commerces juifs de région parisienne. Une liste prise sur un site consacré au boycott de produits fabriqués dans les territoires palestiniens occupés, selon la défense d'Achamlane.

Tout au plus le leader de Forsane Alizza reconnait-il "de la provocation" dans certaines des vidéos ou des textes mis en ligne sur le site du groupe. "On voulait faire une vidéo provoc avec un mur de kalach et ma tête de barbu, pour rééquilibrer la balance". Il estime ainsi que la communauté musulmane est victime d'exclusion : "On ne ressent pas ce fameux vivre ensemble. On est exclu. Regardez le débat sur les repas à l'école, on vient embêter nos enfants. On nous a stigmatisés comme des voleurs de pain au chocolat".

"Les armes, j'aime ça depuis que je suis tout petit"

En détention provisoire depuis son interpellation, il dit avoir toujours pensé que son activisme pourrait le conduire en prison. Mais répète que son groupe "n'avait pas d'inspiration terroriste" et avait pour seul but "d'articuler notre site pour lutter contre l'islamophobie". Quant à la pratique religieuse, "il n'y a pas d'islam radical ou modéré, il y a l'islam authentique, décomplexé", dit celui qui assure que "les femmes peuvent porter ce qu'elle veulent". Au premier rang, la seule prévenue du groupe fait face aux juges dans un hijab gris.

La présidente en vient aux armes retrouvées en perquisition chez Achamlane. "Les armes j'aime ça depuis tout petit, j'en ai toujours eu depuis l'âge de 14 ans", s'est-il justifié. En avoir est bien le moins "quand on a une famille menacée chaque jour". Et s'il reconnait volontiers "un revolver", il parcourt ensuite lentement la liste des "pseudo-armes", fusils d'assaut neutralisés ou diverses armes d'alarme ou électriques saisies. Le procès devrait se poursuivre jusqu'au 22 ou 23 juin et la décision être rendue le 10 juillet.

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