Pass vaccinal, télétravail, couvre-feu... quelles pourraient être les alternatives à un reconfinement en France ?

Bientôt 50.000 cas par jour en France : "C'est possible", selon le Pr Yves Buisson

PANEL - En pleine explosion des cas en Europe, la reprise épidémique qui se confirme dans l'Hexagone fait ressurgir la menace d'un énième confinement. Si ce scénario semble pour l'heure écarté, d'autres options restent à envisager pour freiner la circulation du virus.

Quid des prochaines mesures ? Alors que les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 repartent à la hausse depuis plusieurs semaines en France comme partout en Europe, l'expérience des vingt-et-un derniers mois conduit certains à s'interroger sur les éventuelles nouvelles restrictions qui pourraient être prises pour enrayer la reprise épidémique. La plus redoutée étant pour tous celle d'un reconfinement.

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Si toutes les options sont sur la table pour combattre l’épidémie, a indiqué ce dimanche le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France 2, "pour le moment, il est absolument hors de question de parler" de mettre en œuvre cette option, a-t-il précisé. Pas plus qu'un scénario à l'autrichienne n'est envisagé. La majorité présidentielle "ne souhaite pas" un reconfinement des Français non vaccinés contre le Covid-19, a ainsi précisé de son côté le patron des députés LaREM Christophe Castaner ce lundi sur France 2. Pour autant, d'autres alternatives semblent, elles, plausibles en cas d'aggravation de la situation sanitaire.

Un confinement localisé ?

"Le confinement tel qu'on l'a organisé en France, c'est-à-dire localisé plutôt que généralisé, est effectivement une solution qui pourrait être envisageable en cas de recrudescence de l'épidémie", estime le Dr Edouard Obadia, médecin réanimateur à l'hôpital privé de Quincy-sous-Sénart, sur LCI.

Pour rappel, le 26 février dernier, l'agglomération de Dunkerque et une partie des Alpes-Maritimes avaient été les deux premiers territoires à expérimenter le confinement local depuis le début de la crise sanitaire, à savoir du vendredi 18 h au jusqu’à lundi 6 h. 

Un pass vaccinal plutôt qu'un pass sanitaire ?

Si le pass vaccinal n'est pas encore d'actualité en France, plusieurs scientifiques abondent en ce sens. L'Académie de médecine y est par exemple favorable et "recommande depuis plusieurs mois la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal", rappelle, dans la vidéo en tête d'article, l'un de ses membres, l'épidémiologiste Yves Buisson. "Il aurait fallu le faire depuis longtemps et ne pas laisser cette possibilité de contourner la vaccination en ayant recours à des tests à répétition", poursuit le professeur de médecine, ajoutant qu'il faudrait "non seulement revenir à un pass uniquement vaccinal, mais aussi étendre son champ d'application, notamment dans toutes les entreprises, la fonction publique, l'université ou encore l'école". 

"Je pense que l’on pourrait aller un peu plus loin et passer comme les Autrichiens d’un pass sanitaire à un pass vaccinal", qui n'admet plus comme condition d'obtention un test négatif, abonde l'épidémiologiste Martin Blachier, invité de Darius Rochebin vendredi 12 novembre sur LCI. "Ce pass vaccinal ne serait obligatoire toutefois que pour les personnes concernées par la 3e dose, à savoir les plus de 65 ans, voire les plus de 50 ans", a-t-il proposé. Ce modèle "nous fera sortir de la crise, mais pas la 3e dose", a assuré l'épidémiologiste. Et de poursuivre : "S'il y a une seule décision à prendre, je pense que c'est celle-là".

Un renforcement du protocole à l'école ?

Si les élèves connaissent actuellement le niveau "jaune" du protocole sanitaire, à savoir le "niveau 2", deux autres échelons sont prévus en cas de dégradation de la situation sanitaire, à savoir le niveau orange ou "niveau 3" et le niveau rouge ou "niveau 4". Dans le détail, dès le niveau "orange", l'hybridation des cours est possible au lycée. À l’école, le masque est obligatoire à l’intérieur et à l’extérieur, les activités sportives se déroulent en extérieur, et en intérieur seulement si nécessaire. À la cantine, les tables doivent, si possible, être désinfectées après chaque repas. À l’école maternelle et primaire, les mêmes élèves déjeunent à la même table chaque jour, et doivent être distancés d’au moins 2 mètres des élèves d’autres classes. 

Au niveau rouge, le protocole prévoit que les cours deviennent hybrides au lycée, et pour les élèves de 4ᵉ et 3ᵉ. Les effectifs sont limités à 50 %. Concernant le port du masque et les règles à adopter à la cantine, celles du niveau "orange" sont appliquées. Quant aux activités sportives, elles sont exclusivement autorisées à l’extérieur, en respectant une distanciation de 2 mètres.

Un encouragement au télétravail ?

Si Elisabeth Borne a indiqué début novembre qu'un retour télétravail massif n'était "pas d'actualité", notons qu'à cette date la dégradation de la situation sanitaire n'en était qu'à ses prémices en France. En sera-t-il de même si les indicateurs poursuivent leur hausse ces prochaines semaines ? Pour rappel il y a un an, alors que la France était confrontée à la deuxième vague de l'épidémie, le télétravail à 100 % à chaque fois que c'est possible était devenue la règle pour limiter la circulation du virus. Puis, après un assouplissement en début d'année, qui avait permis un retour progressif au bureau des salariés, Emmanuel Macron avait de nouveau appelé fin mars, en pleine troisième vague, les Français à avoir massivement recours au télétravail.

Le retour massif au télétravail est d'ailleurs l'option retenue en Allemagne pour tenter d'enrayer une nouvelle vague de la pandémie de coronavirus, selon un projet de loi consulté dimanche par l'AFP.

Un abaissement des jauges de fréquentation dans certains lieux ?

Notons que jusqu'à jeudi et l'annulation d'un décret, une jauge de fréquentation à 75% de la capacité d'accueil de certains établissements était en vigueur dans les départements où le taux d'incidence a dépassé ces derniers jours les 50 cas pour 100.000 habitants. En l'occurrence, la mesure s'appliquait à tous les lieux de concerts ou spectacles, les salles de danse, les discothèques et, plus généralement, à l'ensemble des établissements recevant du public dès lors qu’ils accueillent une activité de danse ou de concert debout, qui ont vu leur capacité réduite d'un quart, mais aussi aux établissements sportifs couverts, aux salles des fêtes et aux salles polyvalentes.

Rien ne prédit donc qu'en cas de dégradation de la situation sanitaire, une telle jauge soit rétablie dans ce type de lieux, voire d'autres. Des jauges de capacité d'accueil ont notamment déjà été mises en place dans les centres commerciaux qui, pour éviter les brassages il y a an ne pouvaient par exemple accueillir des visiteurs que dans la limite d’une personne par espace de 4 m² de surface commerciale. Fin janvier, selon un nouveau décret, les commerces de moins de 400 m² pouvaient pour rappel accueillir 1 client pour 8 m² quand ceux de plus de 400 m² pouvaient accueillir 1 client pour 10 m². Le même décret prévoyait alors la fermeture des magasins de vente et centres commerciaux de plus de 20.000 m².

Retour au couvre-feu et accès limité à certains lieux ?

Aux Pays-Bas, également confrontés à une grimpée vertigineuse des cas, à compter de samedi 13 novembre, et ce, pour trois semaines, les bars, restaurants et magasins de première nécessité fermeront à 20 h, contre 18 h pour les magasins non essentiels.

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Ce "confinement partiel" n'est là encore pas étranger à la France qui n'avait pas hésité à le mettre en place en octobre 2020 en pleine recrudescence épidémique. Un couvre-feu était alors imposé entre 21 h et 6 h du matin et les restaurateurs devaient baisser le rideau en conséquence pour empêcher tout rassemblement nocturne.

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