Funérailles, inhumation… 2015 sonne le retour à la tradition, surtout chez les jeunes

SOCIÉTÉ

TOUSSAINT - Pour la quatrième année, les Services funéraires de la Ville de Paris publie leur enquête sur les pratiques des Français en matière d’enterrement et de rapport à la mort. Les dernières années marquent un fort retour des valeurs traditionnelles, notamment chez les jeunes.

Temps de Toussaint ce mardi à Paris. Un temps parfait pour se pencher sur la dernière enquête des Services funéraires de la Ville de Paris : "les Français et l’organisation des obsèques", réalisée en juillet dernier. Comment les Français voient-ils leur enterrement ? Que font-ils pour leurs proches ? L’air de rien, ces questions et ce rapport à la mort éclairent sur la société et les valeurs véhiculées. Et en 2015, l’enquête est formelle : les Français se réfugient dans la tradition.

47% des personnes interrogées disent aujourd’hui "s’inspirer de plus en plus des valeurs du passé, dans leur vie". Ils n’étaient que 34% en 2006. "On observe cette évolution depuis quelques années, elle n’a pas cessé de grimper", indique Etienne Mercier, directeur du département Politique et Opinion chez Ipsos . Ce retour vers le passé est un traditionnel marqueur de repli sur soir, de crainte. "En ces temps de crise économique, et écologique, avec les débats de société comme le mariage pour tous, les recherches scientifiques et les débats éthiques, les Français ont l’impression que cela va trop vite… Cela peut générer des changements d’attitude."

Retour vers le passé

Et ce retour vers le passé se traduit très clairement dans les choix faits autour des obsèques. "Il n’y a pas de grosse remise en question depuis 2008 : 51% des sondés disent préférer la crémation, pour eux", indique Etienne Mercier.  "Mais il y a une légère érosion des chiffres, tandis que la progression de l’inhumation se renforce : ce choix, qui est passé de 47% à 49% entre 2008 et 2015 n’a jamais été aussi élevé." Et les profils de ceux qui préfèrent dorénavant se faire inhumer peuvent surprendre : les croyants (à 80%, + 5% par rapport à 2013), les peu diplômés, les Franciliens (+5%), mais aussi, et c’est une surprise… les jeunes. Ils sont 60 % chez les moins de 35% à préférer se faire inhumer plutôt qu’incinérer. Soit 6% de plus qu’en 2013.

Pourquoi une telle surreprésentation des jeunes ? D’abord, parce que dans les échantillons sondés, de plus en plus de jeunes se déclarent croyants et pratiquants, notamment dans les religions dites minoritaires (juifs, musulmans ou encore protestants). "Il faut prendre ces données avec des pincettes", nuance Etienne Mercier. "On remarque qu'on a plus de jeunes croyant dans nos échantillons. Ce qui ne veut pas dire qu'il y a de plus en plus de croyants chez les jeunes. Il y a sans doute une libération de la parole, les sondés sont moins méfiants et plus disposés à évoquer leur religion. Au global, on peut surtout observer qu’il y a un repli et un retour vers la tradition, un peu plus fréquemment chez les jeunes."

Le retour dans le passé se manifeste aussi dans les rites d’enterrement : 77% des personnes interrogées sont très attachées au fait qu’il y ait une cérémonie pour les obsèques, que cette cérémonie soit religieuse (dans 53% des cas), ou civile. "Cela va à l’encontre de ce que l’on peut entendre dire, sur le fait que les Français veulent passer directement de l’hôpital au cimetière", commente Etienne Mercier. "Il y a un attachement très fort à cette cérémonie." De même que cette cérémonie se passe dans 52% des cas dans un lieu de culte religieux, et que de plus en plus de sondés (47%, + 7 points par rapport à 2013) estiment que c’est à la famille de prendre en charge le financement des funérailles, et non plus au défunt. 

> Pour lire l'enquête Ipsos en entier

A LIRE AUSSI >> Vacances de la Toussaint : les Française veulent partir à l'étranger

Lire et commenter