Fusillade de Copenhague : des Danois racontent le jour d'après

Fusillade de Copenhague : des Danois racontent le jour d'après

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TEMOIGNAGES – Près de 24 heures après les attentats survenus à Copenhague, la vie reprend son cours dans la capitale du Danemark. Astrid et Thomas, deux jeunes Danois, ont vécu les événements de près. Ils racontent.

C'est un samedi après-midi comme les autres, à Copenhague, qui bascule soudain dans l'horreur. Une conférence sur la liberté d'expression à laquelle assistent quelques dizaines de personnes est prise pour cible par un tireur, dans le nord de la capitale danoise. Tard dans la nuit, c'est une synagogue qui essuie une nouvelle attaque, toujours en centre-ville. L'auteur présumé des faits est abattu au petit matin. Bilan de l'attentat : 3 morts – dont le suspect – et cinq blessés.

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Ce dimanche matin, Copenhague se réveille avec la gueule de bois. Astrid, 28 ans, est une jeune Danoise qui travaille dans une ONG en Jordanie. Ce samedi, elle était rentrée à Copenhague pour quelques jours de vacances. Et c'est à quarante mètres de la synagogue attaquée qu'elle a passé la nuit. "Pendant la fusillade, je dormais et je n'ai rien entendu. Mais ce matin quand je suis sortie, les policiers armés étaient partout." Dans la ville, elle décrit malgré tout un climat plutôt calme. "Bien sûr, on sent que les gens sont affectés, que ce qui s'est passé est très triste. Mais je n'ai pas l'impression qu'ils aient peur. Il n'y a pas de sentiment de panique car le tireur a été tué ce matin..."

"Peur qu'un mouvement anti-islam se renforce"

Thomas, 26 ans, étudiant danois et journaliste radio, confirme cette impression générale : "L'ambiance est très spéciale à Copenhague. Ceci dit, il y a beaucoup de monde dans les rues, donc je pense que les gens ne suivent pas les informations de trop près." Le jeune homme vit dans le quartier Norrebro, au nord de la capitale, où le suspect a été abattu. "J'ai entendu l'hélicoptère de police toute la matinée, rapporte-t-il, et d'une manière générale, l’atmosphère est tendue autour de chez moi. Un ami était dans un bar hier soir et il n'a pas pu rentrer chez lui parce que la police avait bouclé le périmètre."

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Astrid et Thomas refusent unanimement de parler de psychose. En revanche, ils craignent la montée de discours stigmatisants, alors même que la tuerie n'a pas été revendiquée. "Des politiques se sont déjà exprimés pour condamner l'islam, constate le jeune homme. J'ai peur qu'un mouvement anti-islam se renforce ici. Pourtant, je vis dans un quartier où il y a beaucoup de Danois musulmans et tout se passe très bien." Une crainte qui n'est pas sans rappeler l'ambiance "après Charlie" des rues parisiennes, il y a un mois à peine.

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