Future loi santé : tout ce qui va changer chez votre médecin

SOCIÉTÉ

SANTE - La ministre de la Santé Marisol Touraine a dévoilé jeudi les grandes orientations de sa loi de Santé. Le texte sera présenté en conseil des ministres à l'automne puis au Parlement début 2015. Metronews vous explique tout ce qui changera ensuite chez votre généraliste.

>  Plus besoin de payer chez le médecin généraliste d'ici 2017

C'est la mesure emblématique de la loi de santé publique, et la plus spectaculaire : plus aucun Français n'aura à débourser un centime lors d'une visite chez le médecin. Le tiers payant, qui permet au patient de ne pas avancer l'argent de la consultation, directement remboursée au médecin par l'Assurance maladie et la complémentaire santé, sera appliqué chez tous les généralistes d'ici 2017. Actuellement, seuls 30% d'entre eux sont concernés. Pour Marisol Touraine, qui met ainsi en application une promesse du candidat Hollande, il s'agit de "lutter contre les barrières financières" dans l'accès aux soins des Français. En effet, environ 17% des ménages aux bas revenus renonceraient à certains soins en raison d'un manque d'argent. "Dès la fin de l'année prochaine", le tiers payant sera possible pour les ménages aux revenus modestes", promet la ministre.

En apparence consensuelle, la mesure provoque une levée de boucliers chez les médecins, qui craignent de crouler sous la paperasse. "La Sécurité sociale, qui devrait seulement gérer les remboursements, se pique de faire de la médecine, et les médecins doivent faire de l'administration. Ils n'ont plus le temps de soigner", s'est insurgé ce jeudi sur RTL Jean-Paul Hamon, président de la fédération des médecins de France.

Autre tollé, mais cette fois sur la scène politique : l'opposition brandit la menace d'une explosion des dépenses de santé. "Le tiers payant aurait pour effet de créer une sensation de gratuité pour les patients, ce qui les pousserait à demander plus de soins, dénonce ainsi l'UMP dans un communiqué. Le résultat de cette déresponsabilisation de l'usager serait donc une inflation considérable des actes médicaux". En réponse à ces accusations, Marisol Touraine a affiché sa confiance jeudi. Refusant l'idée "que les Français soient irresponsables" et qu'il y ait aujourd'hui des "patients touristes en France", la ministre promet que "le tiers payant n'aura pas d'impact sur la consommation". Et a cité l'exemple de la couverture maladie universelle (CMU, pour laquelle s'applique déjà le tiers payant et qui n'a pas conduit à "une explosion de recours aux soins".

> Un numéro pour les médecins de garde, 24h/24

"Comment faire face à la poussée de fièvre d'un enfant au milieu de la nuit ? Où trouver un médecin un dimanche après-midi ? Pour permettre aux Français de se repérer, je proposerai la mise en place d'un numéro d'appel unique à trois chiffres dans chaque département" et joignable 24h/24, a annoncé la ministre jeudi. Les modalités de cette nouveauté n'ont pas encore été été dévoilées. On sait seulement que les agences régionales de santé (ARS) chapeauteront ce dispositif, qui participe à la mise en place d'un "service territorial de santé au public". "Au bout du fil, soit la personne indiquera la marche à suivre, s'il s'agit par exemple d'un parent démuni face à son nourrisson malade, soit elle orientera son interlocuteur vers un médecin ou une pharmacie de garde à proximité de chez lui", nous détaille l'entourage de la ministre.

> Un médecin traitant pour les enfants de moins de 16 ans

C'est la priorité donnée à la loi santé : la prévention, dès le plus jeune âge. Jusqu'à présent, les parents n'ont aucune obligation de déclarer un médecin référent pour leurs enfants avant leurs 16 ans. Pour garantir un meilleur suivi du dossier de l'enfant, ces derniers devront donc, comme les adultes, avoir un médecin traitant. Celui-ci les orientera ensuite vers des spécialistes en cas de besoin. Une mesure qui fait grincer des dents chez les pédiatres, qui craignent de perdre une grosse part de leur clientèle. Même si rien n'empêche les parents de les choisir comme référents, nombreux sont les patients qui pourraient être tentés de prendre le même médecin pour toute la famille.

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