Garde des enfants binationaux : le combat d'une mère "terrorisée" pour revoir son fils

Garde des enfants binationaux : le combat d'une mère "terrorisée" pour revoir son fils

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JUSTICE – Anna n'a pas vu son fils âgé de 3 ans depuis le 25 janvier 2014. Son père, un Mexicain dont elle s'est séparée en 2011, réclame la garde de l'enfant, jugement d'un tribunal américain à l'appui. Anna, "terrorisée", a peur que ce dernier ne lui enlève son fils.

Cela fait bientôt dix jours qu'Anna ne vit plus avec son fils. Nicolas*, 3 ans, a en effet été placé dans un foyer du nord-est de Paris en attendant la décision du Juge des enfants. Ce dernier doit se prononcer jeudi sur l'imbroglio juridique qui a fait basculer la vie de cette mère en octobre dernier, quand elle a appris qu'un tribunal texan avait attribué la garde de l'enfant au père. Un Mexicain, résidant aux Etats-Unis et qu'elle a quitté durant l'été 2011 pour fuir selon elle le comportement violent. Après l'affaire Maude Versini, un nouveau dossier qui illustre à quel point la garde des enfants binationaux est un véritable casse-tête judiciaire.

"Ma cliente est terrorisée. Elle a très peur que le père enlève son fils", explique à metronews l'avocate d'Anna, jugeant "bouleversant le fait qu'on puisse arracher un enfant de 3 ans des mains de sa mère pour l'emmener dans un pays inconnu dont il ne parle pas la langue." Et pour cause : Nicolas a appris le français depuis l'arrivée de sa mère à Paris en automne 2011.

"La filiation a été établie depuis 2011 !"

Une ville où cette femme de nationalité polonaise a refait sa vie : un emploi salarié dans une société immobilière, un appartement qu'elle loue avec son fils, placé en crèche depuis septembre. Avant d'être rattrapée par son passé. Après une plainte déposée par son compagnon fin janvier, Anna a été placé en garde à vue quelques heures sur la base du jugement américain. '"Elle n'a vu qu'une fois son fils depuis le 25 janvier dernier. Il doit être désorienté", précise son avocate, assurant que le père de Nicolas n'avait pas reconnu son fils quand ce dernier a quitté les Etats-Unis.

Faux, réplique l'avocate du père de l'enfant. "La filiation a été établie depuis 2011 !", tempête-t-elle auprès de metronews, "confiante" à quelques jours du jugement. Et cette dernière de brosser le portrait d'un "homme d'affaires", oscillant entre le Mexique et les Etats Unis qui a "embauché des détectives" pour retrouver la trace de son fils qu'il "n'a fait que chercher à retrouver" depuis leur séparation. Selon l'avocate, leurs retrouvailles ne seraient qu'une formalité : "mon client a obtenu la garde exclusive de son fils. Ce ne sont pas les juridictions françaises qui sont à mêmes de contrecarrer cette décision. Réponse ce jeudi pour Nicolas qui, selon le verdict, pourrait donc se retrouver dans les bras de sa mère ou de son père. Ou, si le juge le décide, placé dans une famille d'accueil.

*Le prénom de l'enfant a été modifié

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