"Gaza Firm" : qui sont les jeunes qui font déraper les manifestations propalestiniennes ?

"Gaza Firm" : qui sont les jeunes qui font déraper les manifestations propalestiniennes ?

Société
DirectLCI
DECRYPTAGE - Lors des trois rassemblements propalestiniens qui ont dérapé ces dernières semaine, un même groupe nommé "Gaza Firm" y était toujours présent. Malgré leurs démentis, ces jeunes qui, avec d'autres, ont affronté les forces de l'ordre semblent liés au mouvement d'Alain Soral et de Dieudonné.

Parmi les nombreuses manifestations pro-palestiniennes qui ont eu lieu à Paris ces dernières semaines, trois d’entre elles ( dont deux qui avaient été interdites ) ont violemment dérapé. A Bastille le 13 juillet , à Barbès le 19 juillet et samedi dernier place de la République. A chaque fois le même groupe présent sur place, qui se fait appeler "Gaza Firm", a été soupçonné d'avoir organisé les débordements.

Naissance sur la Toile le 19 juillet

Samedi dernier, place de la République, metronews a ainsi pu constater la présence de ce groupe de jeunes, parmi d'autres, lors du rassemblement "pour la paix à Gaza". Organisés et équipés (certains étaient cagoulés et gantés), ils ont très vite escaladé la statue centrale pour y scotcher une banderole à son nom : "Gaza Firm". Quelques minutes plus tard, un soudain mouvement de foule a fait basculer ce rassemblement pacifiste en véritable guérilla urbaine. Ce même groupe s'est alors retrouvé en première ligne face aux CRS. Qui sont ces jeunes qui, cet après-midi là, ont affronté les forces de l'ordre pendant plus de trois heures ?

Sur la Toile, la première trace du collectif date du 19 juillet dernier. Une vidéo intitulée "Gaza Firm" a été mise en ligne, montrant un groupe de jeune qui marche à Barbès en chantant la Marseillaise, avant d'insulter François Hollande puis la Ligue de défense juive (LDJ) : 

Le 21 juillet, ce groupe informel crée un compte Twitter et propage petit à petit le hashtag "#GazaFirm", accompagné de vidéos. Ce compte est également utilisé pour démentir les accusations d'antisémitisme :

Malgré ces démentis, metronews a pu voir que ce sont bien les jeunes de "Gaza Firm" qui effectuaient de nombreuses quenelles sur la statue de la République samedi dernier.

Un collectif lié à Alain Soral

En coulisses, ce collectif serait lié à l'essayiste Alain Soral, controversé pour ses positions antisémites. Comme le relève Mediapart , Égalité et réconciliation (E&R), le mouvement de cet ex-frontiste, s'est en effet empressé de soutenir sur son site  la naissance de ce nouveau collectif, en ces termes : "Enfin une Ligue de défense goy ?". En plus de nombreuses vidéos montrant les débordements des manifestations , le site d'Alain Soral héberge aussi celle mise en ligne par "Gaza Firm". Il complimente d'ailleurs les membres de ce collectif pour ses faits d'arme lors de la manifestation d'extrême droite Jour de colère , en janvier dernier, dans le but de "chass(er) les provocateurs ultrasionistes".

Coïncidence (ou pas), Le Monde révèle que l'on trouve également dans le collectif un certain Mathias Cardet, chargé d'assurer sa promotion. Or, comme le rappelle le quotidien du soir, cet homme a fait éditer son livre, L’Effroyable imposture du rap, par... Alain Soral, avec qui il a même donné quelques conférences de presse.

Des ultras du PSG

Enfin, le profil des jeunes qui composent la masse du collectif dégage aussi une odeur de soufre. Ils seraient en effet issus des supporters ultras du PSG : des anciens du virage Auteuil et de Karsud ayant des liens avec la frange radicale de la tribune Boulogne. "Le mot 'Firm' trahit leur origine, c’est un code de supporter ultra qui rappelle l’Inter City Firm (la première bande de supporters de foot hooligans anglaise, ndlr)", explique à Mediapart un fin connaisseur de cette nébuleuse. Mais contre toute évidence, "Gaza Firm" continue de nier sur Twitter tout lien avec Alain Soral, Dieudonné ou le PSG. Tout en refusant, jusqu'à présent, de s'exprimer à visage découvert. Contactés par metronews, certains membres avaient accepté de s'exprimer par mail "pour arrêter ces amalgames entre 'Gaza Firm' et l'extrême droite". Ils ont finalement refusé de communiquer.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter