Gel des stages dans les cliniques : les étudiants infirmiers manifestent mardi

Gel des stages dans les cliniques : les étudiants infirmiers manifestent mardi

Société
DirectLCI
SANTE - La Fédération nationale de l'hospitalisation privée (FHP) a décidé de fermer les portes de ses établissements aux étudiants infirmiers depuis lundi, les privant de stages. Une décision prise après la baisse de 0,24% des tarifs décidée par le gouvernement. En réaction, les étudiants manifesteront mardi.

Mardi, les étudiants infirmiers iront exprimer leur colère dans les rues de plusieurs villes de France. Les cliniques privées ont en effet décidé de fermer leurs portes aux élèves depuis lundi dans l'attente d'une négociation avec le gouvernement sur leur politique tarifaire. En cause, une baisse de 0,24% des honoraires décidée vendredi par le ministère de la Santé et qui ne concerne que le secteur privé. "Nous ne le faisons pas de gaieté de cœur, tient à souligner pour metronews Lamine Gharbi, responsable de la FHP-MCO , branche de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP). Mais cette baisse est vécue comme une agression alors que 600 cliniques ont dû fermer en 20 ans".

Dans ce bras de fer engagé avec le gouvernement, les étudiants sont donc des victimes collatérales. "C'est du chantage, la Fédération nous utilise et c'est inadmissible", estime Karina Durand, présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers . Ce sont 7.000 d'entre eux, selon le ministère de la Santé, qui sont touchés par la décision des cliniques. La ministre de la Santé Marisol Touraine s'est voulue rassurante lundi sur Europe 1, affirmant que tous les jeunes concernés avaient pu être recasés dans d'autres établissements. "Mais les services vont se trouver en surcharge et la qualité de la formation va s'en ressentir", met en garde Karina Durand.

Le mouvement pourrait durer jusqu'à l'été

Pour expliquer cette baisse des tarifs, le gouvernement met en avant l'avantage fiscal dont bénéficient les cliniques : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi ( CICE ) auquel les hôpitaux n'ont pas droit. Et si les établissements privés ont certes déjà connu une réduction en 2013 de 0,21%, cette même année les hôpitaux avaient subi une baisse de 0,84%. De la poudre aux yeux selon Lamine Gharbi, qui avance que les tarifs en clinique sont 20% moins chers. "Il faudrait plutôt que l'hôpital s'aligne sur nos tarifs. D'autant que le ministère oublie de préciser que nous payons en plus 600 millions d'euros d'impôts, contrairement à l'hôpital".

La Fédération, qui s'estime victime d'une injustice, exige le maintien de ses tarifs à leur niveau actuel. Ce sont eux qui déterminent le taux de remboursement par l'Assurance maladie. "Tant que le ministère continuera d'être autiste, la lutte va continuer, prévient Lamine Gharbi. Depuis mercredi nous n'avons plus aucun contact, ils ont fermé la porte". Le mouvement pourrait durer jusqu'à l'été et même au-delà, prévient-il. La FHP regroupe 1.100 établissements, dont 820 suivraient le mouvement selon la ministre de la Santé. Le 13 mars, les étudiants reprendront le chemin de la rue pour une journée de mobilisation nationale.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter