Collomb ouvre la porte à un retour de l'état d'urgence en cas de nouveau "meurtre de masse" en France

Société
PRUDENCE - Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, invité de BFMTV mercredi soir, a vanté la nouvelle loi antiterroriste qui vient de remplacer l'état d'urgence instauré après les attaques jihadistes de novembre 2015. Dans le même temps, il n'a pour autant pas exclu de revenir à ce régime exceptionnel en cas de nouvel attentat de masse.

Satisfait, mais... "La loi que nous avons faite nous permet (...) surtout de prévenir un certain nombre d'attentats", a assuré le ministre mercredi sur BFMTV estimant qu'avec cette loi, "on sera aussi bien protégé" que sous l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats qui firent 130 morts au Bataclan, à des terrasses de Paris et au Stade de France. "C'est une loi qui va être active", a-t-il affirmé lors d'une interview réalisée dans le "fumoir", nom donné à la salle de crise du ministère de l'Intérieur utilisée lors des attentats du 7 au 9 janvier (17 morts) et 13 novembre 2015 et du 14 juillet 2016 à Nice (86 morts).


Un satisfecit en règle du ministre, et logique alors que le nouveau dispositif vient d'être mis en place, qui n'a pourtant pas éludé les limites de cette loi. Car interrogé sur la réaction des autorités en cas de nouvelle attaque d'envergure sur le territoire, Gérard Collomb a estimé, la France pourrait de nouveau avoir recours à l'état d'urgence.

S'il y avait un meurtre de masse - ce qu'on a pu connaître au moment du Bataclan - c'est possible qu'on soit obligé de le remettre Gérard Collomb

 "S'il y avait un meurtre de masse - ce qu'on a pu connaître au moment du Bataclan - c'est possible qu'on soit obligé de le remettre mais nous allons faire en sorte que nous puissions gérer des situations de crise. Si elle devenait (la situation) extrêmement dramatique, nous pourrions revenir à cet état d'urgence", a-t-il notamment dit.

Selon le ministre, trente-deux attentats ont été déjoués depuis la mise en place de l'état d'urgence instauré dans la foulée des attaques jihadistes, les plus meurtrières jamais commises en France. Interrogé sur le sort de jihadistes français se trouvant en Irak et en Syrie et susceptibles de revenir, le ministre a assuré qu'il "faut que les personnes puissent être judiciarisées".  "Cinquante personnes sont revenues et ne sont pas écrouées", a-t-il dit, elles sont suivies par la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure), il n'y avait pas de motif pour pouvoir les écrouer". Quant aux enfants de ces jihadistes, le gouvernement souhaite "avoir des mesures d'assistance éducative qui leur permettent de se reconstruire et d'avoir un autre avenir", a-t-il dit, sans plus de détails.

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