Gestes de premiers secours : "Face à un enfant qui s’étouffe, trop peu de personnes savent réagir"

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SECOURISME – Chaque jour, 2000 enfants de moins de 6 ans sont victimes d’un accident domestique. Lancée début septembre, la société Pipinpon propose aux parents, nounous, grands-parents mais aussi au grand public de suivre des formations aux gestes de premiers secours à pratiquer sur les plus jeunes.

Avocate pendant dix ans au barreau de Paris, Noémie Sylberg a changé de vie après la naissance de son premier enfant.  "J’avais une peur bleue de la fausse route, je paniquais à l’idée de ne pas savoir quoi faire si ma fille qui a aujourd’hui huit mois avalait de travers, raconte-t-elle à LCI. J’ai vite réalisé que je n’étais pas la seule à ignorer les  gestes à pratiquer. Alors j’ai laissé tomber ma robe noire et j’ai créé Pipinpon". 


Depuis début septembre, une équipe de professionnels (pompiers, secouristes...), regroupés au sein de l’équipe Pipinpon, propose donc aux parents, nourrices, grands-parents, baby-sitters mais aussi au grand public de suivre des formations aux gestes de premiers secours à pratiquer sur les enfants et les nourrissons. "Face à un enfant qui s’étouffe ou qui fait un malaise, trop peu de gens savent réagir.  Moins d’une personne sur cinq pratique les gestes de premiers secours et 40% des Français les ignorent complètement.  Quand on sait que les accidents domestiques sont la première cause de décès chez l'enfant et que 2000 enfants de moins de 6 ans par jour sont victimes d’accidents domestiques, il y a un problème", commente Florian Oger, pompier, secouriste professionnel et formateur chez Pipinpon.

Beaucoup de mauvais réflexes

Et il suffit de faire le test pour le vérifier. "Si un enfant a avalé une substance toxique, les personnes qui l’entourent vont tout de suite vouloir lui donner de l’eau ou le faire vomir, remarque Florian Oger. Or, ce n’est pas le réflexe à avoir. Idem, quand un petit se blesse et que le saignement est abondant, beaucoup vont nettoyer ou asseoir l’enfant. En réalité, la première chose à faire est de compresser la plaie. Rappelons qu'un corps se vide de son sang en 7 minutes…" Quant à la fausse route, ajoute le spécialiste, "les gestes ne seront pas les mêmes si l’obstruction est totale ou partielle. Il faut le savoir. Les bons réflexes, malheureusement, ne s’improvisent pas. Et dans la panique, les gens sont souvent amenés à faire n’importe quoi". 


Autre accident domestique pointé du doigt par les secouristes : le bain. "Les parents pensent souvent à la piscine comme seul et unique lieu de noyade. On ne le dira jamais assez : il ne faut jamais laisser un enfant seul dans son bain, même 5 secondes et ce, quel que soit le niveau d’eau. Si un bébé fait un malaise dans la baignoire, avec 5 cm d’eau, il peut perdre la vie…", poursuit Florian Oger. 

Une formation proposée aux maternités

Il y a quelques jours Eva, maman de deux enfants de 3 ans et demi et 9 mois,  a suivi la formation avec son mari. "On pense toujours savoir ce qu’il faut faire. J’ai vu que mes initiatives n’étaient pas forcément les bonnes. En trois heures, j'ai appris la théorie et la pratique. Maintenant,  je saurais faire face à la situation si l'un de mes enfants était en danger. Je n'étais visiblement pas une pro du massage cardiaque... ", confie-t-elle. 


Outre les particuliers, Noémie Sylberg démarche également les maternités pour leur proposer son service.  "Si j’avais pu avoir ce genre de formation juste après mon accouchement, je serais rentrée chez moi plus tranquille. Les femmes restent entre deux et cinq jours à la maternité après la naissance de leur bébé. Elles auraient largement le temps d'apprendre ces gestes utiles au quotidien", conclut la fondatrice de Pipinpon.



Les formations, d’une durée de 3 heures pour un coût de 90 euros, sont dispensées par des secouristes professionnels et se déroulent à domicile ou dans des lieux pour parents et enfants. Le nombre de personnes par formation est limité à 12. Informations et réservations : www.pipinpon.fr

VIDÉO - Les Français plus nombreux à vouloir apprendre les gestes qui sauvent :

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Secourisme : les Français plus nombreux à vouloir apprendre les gestes qui sauvent

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