Gironde : Ford ne réinvestira pas dans son usine, un millier d'emplois menacés

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ÉCONOMIE - D'après les syndicats, un millier d'emplois risquent d'être supprimés après la décision du constructeur automobile de ne plus investir dans son usine de Blanquefort, en Gironde. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire presse Ford de "garantir la pérennité du site".

Un gros coup dur pour l'emploi en Gironde. Le groupe automobile Ford Europe a annoncé, mardi 27 février, aux élus du comité d'entreprise qu'il n'investirait plus dans le site de production de boîtes de vitesse de Blanquefort, près de Bordeaux. Selon les syndicats, cette décision menacerait pas moins d'un millier d'emplois.

Jusqu'ici, les emplois du site Ford Aquitaine Industries (FAI) étaient protégés par un accord quinquennal passé entre le groupe  et les autorités, contre le versement d'aides publiques. Un accord qui s'achève fin mai. "Il s'avère que la fabrication de la nouvelle transmission 8 vitesses à FAI n'est pas économiquement viable", a confirmé Ford dans un communiqué. 

Bruno Le Maire réagit

L'annonce a fait rapidement réagir le ministre de l'Economie. Bruno Le Maire a exhorté Ford à "garantir la pérennité" du site industriel. Il a appelé dans un communiqué à ce que le groupe Ford travaille "de manière étroite avec les représentants des salariés, les collectivités locales concernées et l'Etat" afin de garantir "le maintien à long terme de l'emploi". "Cela doit permettre la recherche dans de bonnes conditions de nouvelles activités pour cette usine, au sein du groupe Ford ou en lien avec des partenaires externes", précise encore Bercy. 

L'entourage du ministre a précisé à LCI que "toutes les solutions sont étudiées pour préserver l'emploi", Bruno Le Maire s'étant déjà entretenu avec le maire de Bordeaux, Alain Juppé, et le président de la Région Nouvelle Aquitaine Alain Rousset. Il devrait rencontrer les représentants de salariés et les élus locaux, vendredi 2 mars à Bercy. 

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"Colère"

Ford s'est implanté à Blanquefort en 1970 sous l'impulsion de Jacques Chaban-Delmas. Au début des années 2000, l'entreprise en plein essor équipait en boites de vitesses des véhicules du monde entier et comptait 3600 salariés. Mais depuis 2007, la production est en baisse et les conflits sociaux se multiplient alors que le nombre de salariés ne cesse de diminuer.

"Les projections actuelles de volume de production sont saines jusqu'au cours de 2019", a expliqué le groupe dans un communiqué, promettant "de rechercher de nouvelles possibilités pour l'usine" en lien avec les pouvoirs publics, sans exclure la quête "de tout repreneur potentiel intéressé par le site".

"Il faut absolument trouver une solution pour Bordeaux", a réagi pour LCI Gilles Lambersend, secrétaire CGT du CE de Ford Aquitaine. "La santé financière de Ford est très bonne. Ce n'est pas un problème économique, mais une question de volonté industrielle d'investir à Bordeaux."

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Gilles Lambersend (CGT) : "La santé financière de Ford est très bonne"

L'annonce a également fait réagir Philippe Poutou, ancien candidat du NPA à la présidentielle, et salarié dans cette usine. "Il est hors de question de se résigner. On a toutes les raisons, tous les arguments pour défendre les emplois et pour réussir", a-t-il lancé sur Twitter, avant d'appeler "l’Etat, les pouvoirs publics, le gouvernement" à agir sincèrement pour pousser Ford à pérenniser l’usine de Blanquefort, alors avec la mobilisation des salariés".

Une intersyndicale se réunit mercredi matin pour déterminer la suite du mouvement. 

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