GM&S : les employés en sursis jusqu'en septembre

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EMPLOI - Alors que le seul candidat à la reprise de GM&S propose le maintien de 120 emplois sur 277, le sort de l'équipementier automobile, en liquidation judiciaire depuis le 30 juin, était examiné ce lundi par le tribunal de commerce de Poitiers. Il se prononcera sur cette offre le 4 septembre, le temps de consulter les salariés, et prolonge la période d'activité de l'usine jusqu'au 18 septembre.

Les 277 salariés de l'équipementier automobile GM&S ne sont pas définitivement fixés sur leur sort ce lundi soir. Le tribunal de commerce de Poitiers, qui examinait le dossier ce lundi, a en effet décidé de reporter au 4 septembre sa décision sur la reprise de l'usine, et de prolonger sa période d'activité jusqu'au 18 septembre. Le seul candidat à la reprise de GM&S, l'entreprise GMD, propose le maintien de 120 salariés sur 277.


Un report qui avait été anticipé par l'avocat des salariés, Jean-Louis Borie, à la sortie de l'audience de ce lundi : "Je pense que le tribunal se rendra à nos arguments, qu'il va ordonner une poursuite de l'activité pour que les salaires d'août soient réglés sans difficultés", affirmait Me Borie, qui espérait que cette poursuite d'activité dure "jusqu'au 15 ou au 20 septembre", qui correspond à la date limite de validité de l'offre de GMD.

GM&S avait bénéficié le 24 juillet d'un sursis supplémentaire d'une semaine accordé par la justice commerciale, pour que celle-ci se penche une nouvelle fois sur le sort du deuxième employeur privé de la Creuse, en liquidation depuis le 30 juin, et sur l'offre de GMD, "numéro un" français de l'emboutissage.


"On va continuer à se battre, on va essayer de faire évoluer cette offre de 120 [emplois], même si, pour tout le monde, elle a l'air d'être calée là, et on nous fait comprendre qu'elle ne bougera pas. Moi je pense que ça peut bouger",  a de son côté déclaré le secrétaire du CE Yann Augras (CGT), à la sortie du tribunal.

Les syndicats, qui martèlent que l'usine ne peut tourner avec seulement 120 emplois, entendaient demander une prolongation de la période d'observation jusqu'à la fin du mois de septembre. Le temps "d'étudier les offres, de dialoguer, se mettre autour de la table, et de donner un peu de répit aux salariés, des vacances", avait expliqué Yann Augras avant l'audience.


Déterminés à maintenir la pression, les salariés avaient une nouvelle fois pris la route, lundi, depuis le site de La Souterraine, dans la Creuse, pour venir manifester à Poitiers, la majorité en autocar, mais aussi huit d'entre eux en vélo (117 km). Bien qu'en vacances depuis ce week-end - l'usine est traditionnellement fermée en août -, une grosse centaine d'ouvriers ont ainsi accompagné, bruyamment mais dans le calme, avocat et représentants syndicaux, jusqu'au Palais de justice.

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VIDÉO - Les salariés de GM&S partent pour 117 kilomètres de vélo jusqu'au tribunal

Il s'agissait en outre de négocier "l'indemnisation des blessés", les ouvriers qui ne seraient pas repris par GMD, avait insisté les syndicats, qui avaient mis en garde la semaine dernière Emmanuel Macron contre le risque du "premier gros flop" de son quinquennat. "Si les salariés refusent violemment l'offre, évidemment, là, je ne sais pas ce qui peut se passer. S'ils disent au tribunal 'on n'en veut vraiment pas', il n'y en aura pas", avait averti de son côté le PDG de GMD, Alain Martineau.


Ce dernier avait demandé au tribunal un "court délai" pour s'assurer que l'ultime "condition suspensive" à sa reprise serait bien levée, à savoir "l'adhésion des salariés" à son projet. Après une rencontre avec les salariés le 27 juillet, sur le site de La Souterraine, Alain Martineau s'était dit prêt "a priori" à lever cette dernière condition.

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