Grande première : une femme a été opérée d'un rein par voie vaginale et exclusivement par un robot

SOCIÉTÉ
SCIENCE – Deux chirurgiens ont extrait le rein d'une femme pour le donner à sa sœur. Des actes chirurgicaux, réalisés au CHU de Toulouse, loin d'être anodins puisqu'ils ont été entièrement réalisés par un robot chirurgical et par voie vaginale.

Il s'agit d'une première au monde. Deux chirurgiens ont réussi la prouesse de prélever un rein sur une femme vivante pour le greffer à une autre patiente. Les deux femmes, des sœurs, ont été opérées dans la foulée par voie vaginale mais surtout "exclusivement par un robot chirurgical". Les opérations se sont déroulées le 9 juillet dernier au CHU Rangueil à Toulouse.

"Les deux sœurs se portent bien aujourd'hui", a assuré à l'AFP Federico Sallusto, le chirurgien urologue responsable de la transplantation. Le spécialiste, qui a opéré avec le Dr Nicolas Doumerc, spécialiste en chirurgie urologique robot-assistée, a attendu un mois avant d'annoncer cette réussite. "Nous voulions avoir du recul", explique-t-il. "Nous ne pouvions pas nous permettre la moindre erreur avec un donneur vivant", a-t-il aussi souligné.

Aucune cicatrice apparente

Si en Inde et aux Etats-Unis, une centaine de patients ont déjà bénéficié d'une transplantation rénale - par donneur vivant ou non - au moyen d'un robot chirurgical, pour la première fois, les Dr Doumerc et Sallusto ont combiné les deux. Dans un premier temps, ils ont réalisé "le 13 mai dernier, une première transplantation rénale robot-assistée avec introduction du greffon par voie vaginale au CHU de Toulouse. "Une première mondiale", suivie de ce second succès.

Le 9 juillet dernier, Valérie Perez, la donneuse de 44 ans, a été hospitalisée en même temps que sa sœur Béatrice, 43 ans, en attente d'une greffe de rein. Seulement cinq petites incisions intérieures de 8 millimètres sur chaque patiente ont été nécessaires. Aucune cicatrice n'est donc visible sur le corps des deux sœurs. Un acte qui ne peut être réalisé que chez les femmes, confirme le Dr Sallusto.

Une première qui a failli ne jamais avoir lieu

Dans un premier temps, le rein extrait a été placé dans un sac plastique entouré de gel pour pouvoir ensuite glisser cet organe, de 12 centimètres de haut et de 6 centimètres de large, en moyenne, dans la paroi vaginale de la receveuse. "Une heure après sa transplantation, le rein a repris sa fonction", détaille le chirurgien, un délai classique pour un greffon provenant d'un être vivant.

La donneuse a pu regagner son domicile le second jour et la receveuse au bout de quatre. Autres avantages de cette intervention faite avec un robot Da Vinci: diminution de la taille de la cicatrice, atténuation de la douleur et du risque d’épanchement de liquide lymphatique, traitement postopératoire moins lourd. Et pourtant cet exploit médical aurait pu ne jamais avoir lieu. Au début, je ne voulais pas de cette première, explique Béatrice Perez. J'avais peur que le rein de ma soeur soit abîmé, mais j'ai été convaincue par le chirurgien." "C'est une formidable aventure", s'est-elle aussi exclamée.

Une avancée pour les personnes obèses

L'hôpital rappelle qu'en Inde, une étude sur "huit patientes ayant bénéficié d’une technique innovante d’introduction du greffon par voie vaginale, mais par coelioscopie traditionnelle", c'est-à-dire que la suite de l'opération s'était déroulée en faisant une incision au niveau abdominal, avait été publiée en mars 2015.  En France, ce robot a été utilisé pour la première fois en 2001 à l'hôpital Mondor de Créteil, puis au CHU de Tours en 2013 pour ce type d'opération dit aujourd'hui "classique".

Cette avancée pourrait avoir de nombreux atouts, notamment chez les personnes obèses car "pour eux l'opération classique est compliquée" en raison des épaisseurs sous la peau.

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