Grande-Synthe : le camp de migrants réduit à "un amas de cendres" et plusieurs blessés sont à déplorer

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TENSIONS - Après une bagarre entre migrants ayant fait plusieurs blessés en fin de journée, un incendie a ravagé le camp de Grande-Synthe dans le Nord. 1.500 migrants y vivaient.

Le camp de Grande-Synthe, qui comptait 1.500 migrants, ne pourra pas être reconstruit à la suite de l'incendie qui l'a réduit à un "amas de cendres", a annoncé le préfet du Nord lundi 10 avril, dans la soirée. "Il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant", a ajouté Michel Lalande. Le sinistre, qui a ravagé l'essentiel des 300 chalets, s'est déclaré "en fin d'après-midi, vers 18h00, selon Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire (EELV) Damien Carême.

Une rixe entre Afghans et Kurdes, qui a d'abord fait dans l'après-midi six blessés donc cinq à l'arme blanche selon le préfet Lalande, est à l'origine du sinistre, qui était toujours en cours à 00h30 mardi.

A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé- Directeur de cabinet du maire

"Il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n'est pas possible autrement. Il semble que ce soit lié à des rixes, entre Irakiens et Afghans, c'est l'enquête qui le dira", a déclaré de son côté Olivier Caremelle. Les migrants ont été évacués du camp et seront relogés dans des hébergements d'urgence, a assuré le préfet, précisant que la ville de Grande-Synthe avait d'ores et déjà mis à disposition deux gymnases. A 00h50, 165 personnes avaient été mises à l'abri, selon la préfecture. 

"A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d'information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts", a témoigné de son côté M. Caramelle.

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L'augmentation du nombre d'Afghans à l'origine des tensions

Selon le Centre opérationnel d'incendie et de secours (Codis) du Nord, l'incendie a fait une dizaine de blessés au moins. Les flammes étaient visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, tandis que de très nombreux pompiers se pressaient autour du camp pour maîtriser le feu qui a ravagé le camp. L'incendie s'est déclaré peu après la rixe. Cinq migrants ont été blessés à l'arme blanche. Les échauffourées se sont poursuivies à l’extérieur du camp et un migrant a été renversé par un véhicule sur l’Autoroute A16, dans des circonstances que l’enquête devra déterminer.

Les affrontements entre migrants se poursuivaient à 00h30, et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les faire cesser progressaient difficilement, parfois visées par des pierres, selon le correspondant de l'AFP. "Personne n'est en mesure d'expliquer comment ces événements ont pu arriver", a dit le préfet. Selon plusieurs témoignages, la discorde est venue de l'augmentation du nombre d'Afghans, arrivés à partir du démantèlement de la "Jungle" de Calais à la fin octobre 2016. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru.

"La nature du camp a changé depuis l'arrivée des Afghans. Cela a provoqué des tensions palpables", selon le directeur de cabinet du maire.

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