Gratuité des péages pour les voitures électriques : Royal a-t-elle parlé trop vite ?

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POLLUTION - Ségolène Royal a dévoilé ce samedi plusieurs mesures censées encourager l'achat de véhicules électriques. "J'ai demandé aux sociétés d'autoroutes la gratuité des péages pour les véhicules électriques", a notamment expliqué l'intéressée. Pas si simple.

Ségolène Royal a annoncé samedi une batterie de mesures d'aide à l'achat et à l'utilisation des véhicules propres. En cette période de pic de pollution, plusieurs de ces annonces ont fait mouche. La création d'une prime pour l'achat d'un scooter électrique ou la généralisation des vignettes anti-pollution. Et les péages ?  "J'ai demandé aussi aux sociétés d'autoroute la gratuité des péages pour  les véhicules électriques", a précisé Mme Royal. "C'est en discussion," avait elle déclaré à l'AFP.


Dans le détail des mesures - transmis aux journalistes à l'issue du conseil des ministres- la ministre précise : "Des travaux sont engagés avec les concessionnaires d'autoroutes afin de favoriser les véhicules à très faibles émissions sur les réseaux concédés , sans repercussion sur les autres tarifs de péages et sans augmentation de la durée des concessions autoroutières." 


Seul hic : l'Etat n'est pas encore intervenu auprès  des sociétés d'autoroutes afin d'obtenir la gratuité des péages pour les  voitures électriques, a indiqué samedi à l'AFP une source proche du dossier, en  relevant la difficulté de mettre en oeuvre un tel dispositif. 

"l'Etat ne pratique pas lui-même la gratuité pour les véhicules électriques sur son propre réseau"

En outre, "techniquement, aujourd'hui le système de péage et le système  d'identification des véhicules ne permet pas de faire la distinction entre  moteur thermique et électrique", a remarqué cette source.

 

"Juridiquement et contractuellement, une telle mesure n'irait évidemment  pas de soi, comme pour toute mesure qui a un impact sur l'équilibre des  contrats" de concession liant les SCA et l'Etat, a-t-elle encore souligné en  pointant le fait que "l'Etat ne pratique pas lui-même la gratuité pour les  véhicules électriques sur son propre réseau".

 Fin 2014, Mme Royal était montée au créneau après un rapport de l'Autorité  de la concurrence qui faisait état de la "rente" de ces sociétés depuis la  privatisation de 2006, un calcul contesté par les intéressées. En pleine négociations sur un plan de relance autoroutier, le Premier  ministre de l'époque, Manuel Valls, avait annoncé en avril 2015 un gel des  tarifs des péages cette année-là.

 

Mais avoir après affirmé le contraire, le gouvernement avait dû admettre  que ce gel serait ensuite compensé par lissage les années suivantes. Après une  augmentation de 1,12% en 2016, les tarifs croîtront de 0,76% en moyenne le 1er  février 2017, selon l'Asfa.

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