Grenoble : la mairie écologiste finance l'aménagement d'un rond-point pour les Gilets jaunes

Vue de Grenoble. Illustration.

POLÉMIQUE - À Grenoble, la municipalité écologiste a débloqué 11.000 euros pour l'installation d'un abri sur un rond-point, occupé par les Gilets jaunes. Le chantier de rénovation est en cours. L'opposition, en colère, s'insurge.

C'est leur terrain de contestation depuis deux ans. À Grenoble, le rond-point Pierre-et-Marie-Curie, occupé chaque samedi, par une vingtaine de Gilets jaunes, se refait une beauté. Dans le cadre du dispositif "Chantier ouvert au public" (COP), qu'elle porte depuis trois ans, la municipalité iséroise a acté le financement d'un abri pour le campement improvisé de ce collectif d'irréductibles. Coût de l'opération : 11.000 euros. Débuté lundi 22 novembre, l'installation de cette sorte de pergola, comprenant une grande table, des bancs et des jardinières, devait être terminée à la fin de la semaine. 

"C'est un endroit qui va changer les choses pour nous, parce que passer nos samedis dehors, quand il pleut ou qu'il fait froid, ce n'est pas toujours évident", racontent au Dauphiné Libéré ces Gilets jaunes, ravis d'avoir été entendus par la ville de Grenoble. "On se sent dans des conditions vraiment exceptionnelles. Ça va être très beau, je ne crois pas trop m'avancer, mais ça va être une première en France, une municipalité qui donne un lieu aux Gilets jaunes", ajoute l'un de leurs membres au micro de RTL. Le collectif se défend, par ailleurs, auprès de l'antenne locale de France Bleu, d'être "récupéré par la mairie écologiste"

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Depuis 2018, la municipalité grenobloise participe, tous les ans, au financement d'une vingtaine de "Chantiers ouverts au public". Il s'agit, toutefois, du premier qui donne "un espace" aux Gilets jaunes. "Nous avons des idées en commun avec les Gilets jaunes, on ne s'en est jamais caché", a reconnu Margot Belair, adjointe au maire déléguée aux COP. "Pour autant, ce lieu va servir à d'autres personnes, d'autres collectifs que les Gilets Jaunes. Cet espace, qui appartient à la ville, est ouvert à tous !"

Passe d'armes entre le maire écolo et l'opposition

Pas de quoi calmer la colère de l'opposition, qui tire à boulets rouges sur la municipalité écologiste et le maire Éric Piolle. "Hallucinant ! Éric Piolle finance le bien être et le confort des Gilets jaunes avec l'argent public des grenoblois. Avec quelle légitimité ? Quelle déontologie ? C'est scandaleux !", dénonce sur Twitter Émilie Chalas, députée LaREM de l'Isère. "11.000 euros d'argent public pour financer une installation éminemment politique. 11.000 euros d'argent public pour financer un mouvement bien connu pour ses faits d'armes. Voilà ce que finance Éric Piolle à Grenoble. C'est inacceptable !" 

Une "polémique" jugée "indécente" par l'édile grenoblois Éric Piolle, qui a répondu aux attaques de l'opposition sur le réseau social. "La règle commune s'applique à tous, l'orientation politique n'est pas le sujet" pour le financement des COP, a-t-il rappelé. "Le pouvoir s'offusque d'un abri pour ceux qui ont tout perdu, mais applaudit les 1% des plus riches encore plus riches..."

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