Grève SNCF "poursuivie" en juillet : quel impact sur les départs en vacances ?

BRAS DE FER – La CGT en tête, suivie par le syndicat Sud Rail, menacent de poursuivre la grève en juillet. Pour les vacanciers juillettistes, le risque de voir leur voyage perturbé se précise.

"Il n’y a aucun élément aujourd’hui qui permette aux cheminots de dire que le conflit peut s’arrêter". Par ces mots, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, a mis le feu aux poudres. "Nous voyons une réforme idéologique et pour nous ça menace le système ferroviaire, ça menace les droits des salariés et donc nous allons poursuivre sur le mois de juillet (...)  Combien de temps ? On verra. Comment ? On verra, mais il n'est pas question de s'arrêter au calendrier". La grève qui court depuis 3 mois et dont le préavis s’arrête le 28 juin a désormais toutes les raisons de se poursuivre pour ce premier mois de grandes vacances. D’autant que Sud Rail, l’autre syndicat fort, se dit prêt à les rejoindre. "La réunion (intersyndicale, ndlr) est loin d’avoir porté ses fruits. On verra en intersyndicale dans quelles conditions on continue la grève pendant cet été", assure de son côté son représentant, Erik Meyer. 


Une mobilisation qui tomberait au plus mauvais moment. Le premier week-end de départs en vacances est l'un des plus chargés pour la SNCF après le 14 juillet et le fameux chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens. À titre d'exemple, l'an dernier, 1,4 million de voyageurs ont pris un train le premier week-end de juillet avec près de 3000 trains affrétés et 3,5 millions de voyageurs, dont 2 millions au départ ou au retour des seules gares de Paris, pour le fameux chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens. 

CGT + Sud Rail = 53% des salariés de la SNCF

À l'image de la CFDT, d'autres syndicats pourraient se dissocier de la marche entamée au-delà de fin juin. "Il y a d'autres manières de se mobiliser que de continuer la série de grèves (...) Quoiqu'on en pense, la réforme est votée au Parlement. Maintenant il y a la négociation sociale avec le patronat du secteur", a assuré Laurent Berger. Même si la CGT et Sud Rail décident de faire cavalier seul, ils pourraient bien causer du tord. A eux deux, les syndicats représentent 53% des salariés de la société. 


La ministre des Transports, Elisabeth Borne, regrette qu'un tel scénario puisse se produire : "Quel sens ça a d’appeler à la grève alors que la loi est votée". La réforme de la SNCF a effectivement été définitivement votée jeudi par le Parlement au terme de terme d'âpres pourparlers. La menace d’une grève cet été est donc suspendue à la motivation des cheminots. Mais après trois mois de mouvements, pas certains que le leader du mouvement arrive à mobiliser une nouvelle fois en juillet.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Réforme de la SNCF : bras de fer entre le gouvernement et les syndicats

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter