Grève à la SNCF : pourquoi le trafic ne pourra pas être normal après deux jours d'arrêt

CONSÉQUENCES - La SNCF a prévu de mener ces prochaines semaines une grève "perlée" de deux jours sur cinq. Mais, comme le laisse entendre la SNCF dans ses prévisions trafic pour mardi 10 avril, la reprise ne s'annonce pas normale.

"Mécaniquement, le lendemain d’une grève, il est compliqué de repartir dans une situation nominale", avait déclaré Mathias Vicherat, directeur général adjoint du groupe SNCF sur Europe 1 lundi 2 au soir. "On fera notre maximum pour faire en sorte que l’information soit la plus fiable possible et que par ailleurs, le 5 avril en fonction des dispositions existantes le trafic soit le plus normal possible. Mais encore une fois, il y a plein de paramètres qu’on ne maîtrise pas."

 

Si, pour la première tournée de grève, Mathias Vicherat avait annoncé que les conditions de trafic seraient "quasi normales" jeudi 5 avril, "avec de légères perturbations", la réalité s'était montrée un peu plus nuancée. Ainsi, ce jour-là, pour le "retour à la normale", les RER C, D et E avaient encore été perturbés, tout comme les lignes H,J, K, L et P côté Transiliens. Le trafic TGV avait été quasi normal quand, côté TER et Intercités, le trafic avait été respecté à 75% et 60%.

Alain Krakovicth, directeur du Transilien, avait bien anticipé la situation lundi 2 avril dans une interview au Parisien : "Nous tablons sur un trafic perturbé cinq jours sur cinq, avec les deux premiers jours très perturbés, et les trois suivants perturbés, mais moins" a-t-il estimé. Il ne devrait pas en être différemment les 10 et 11 avril, alors que la SNCF a prévu quatre RER et Transilien sur cinq, trois Intercités sur cinq et autre TER sur cinq. Mais pourquoi ?

 

Tout d'abord, la grève débute toujours un peu avant les deux jours d'action prévus, et termine toujours un peu après. Ainsi, pour ce deuxième mouvement de contestation prévu les 8 et 9 avril, la grève a commencé le samedi 7 avril à 19 heures et se terminer mardi 10 avril à 8 heures. Ainsi, l'arrêt du travail s'étend sur non pas deux mais quatre jours (certes avec une intensité moindre la veille et le lendemain).

Des difficultés logistiques

Des difficultés logistiques pourront également se faire sentir entre les périodes de grève. Le président de la SNCF Guillaume Pépy l'a avoué lui-même dans une interview au Journal du Dimanche. "Trois jours après la reprise du trafic, une nouvelle séquence de grève démarrera. Cela va désorganiser complètement la production. Exemple : si l'entretien technique d'un train ne peut être fait à cause de la grève, il ne pourra plus rouler. Et nous finirons par manquer de matériel." 


Sans parler, comme le faisait remarquer Bernard Aubin du syndicat First à LCI avant le début du mouvement, du temps nécessaire à la remise en place des trains : "Il faut 24 à 48 heures supplémentaires pour remettre le service en ordre. C'est le temps pour acheminer les rames à leur point de départ, ce qui n'a pas pu être fait avec l'arrêt du travail. Et c'est la même chose pour les cheminots, qui parfois doivent arriver la veille sur le lieu de départ de leur train."

SUD-Rail veut mener une grève reconductible tous les jours

Aussi, si l'intersyndicale a décidé de mener une grève des "deux-cinquièmes", certains syndicats comme SUD-Rail souhaitent eux mener une grève plus classique, reconductible tous les jours. Or, comme le rappelle Le Parisien, le syndicat est très puissant en région parisienne, il est notamment le premier syndicat chez les aiguilleurs de Saint-Lazare, Paris-Est, Paris Sud-Est et Paris-Nord, et le premier syndicat chez les conducteurs de Paris-Est et Paris-Sud-Est. Ces lignes pourraient donc être impactées cinq jours sur cinq.

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