Grève des billets les 8 et 9 octobre : les usagers des transports se mobilisent dans toute la France

Grève des billets les 8 et 9 octobre : les usagers des transports se mobilisent dans toute la France

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TRANSPORT – Excédés, une quinzaine de collectifs d’usagers de toute la France s’unissent pour organiser conjointement sur leurs lignes respectives une grève de présentation du billet, pour dénoncer leurs conditions de transport.

Ils sont Normands, Picards, Provençaux, Bressois ou de PACA. Ils sont de toute la France. Leurs collectifs ont des noms qui disent leur colère : Galère RER A, Les Naufragés du TER Grasse Vintimille, SNCF Vamtuer, ou encore SOS TER de la Bresse… Ce sont des usagers, et ils n’en peuvent plus des retards, des accidents, des toilettes fermées, des trains bondés, subis tous les jours pour aller au travail. 

Une quinzaine de collectifs et d’associations d’usagers des transports quotidiens viennent de monter un collectif national et lancent jeudi 8 et vendredi 9 un mouvement national de grève de présentation des billets sur leurs lignes respectives de transport. Une action forte pour faire entendre la voix des passagers, en cette période d'élections régionales. "Nous voulons manifester auprès des élus en place et ceux à venir notre détermination à replacer l’usager au cœur du transport, et à retrouver le Triple A : voyager Assis, A l’heure et Avertis", indiquent les 15 associations dans un communiqué. Jeudi et vendredi, chaque usager, sur sa ligne respective, sera invité à présenter un faux billet, estampillé de diverses annotations disant leur grogne : "usagers Vachalait", "fatigués mais pas résignés", "trop cher pour le non-service".

Des collectifs multiples et variés dans toute la France

La grève de présentation des billets n’est pas nouvelle, et est utilisée par des usagers mécontents de manière récurrente, souvent de manière ultra locale. Cette année, ce sont les usagers de la ligne Paris-Rouen-Le Havre qui ont dégainé les premiers. Depuis début septembre, ils ne présentent plus leur titre de transport, pour protester contre la détérioration de la ligne, la suppression de trains aux heures de pointe. L’initiative avait été particulièrement relayée médiatiquement, C’est notamment sous l’impulsion du porte-parole Valery Runenberg, qu’une initiative d’envergure nationale s’est enclenchée. "On s’unit avec d’autres collectifs, nous avons les mêmes problèmes, on lance des réflexions communes et on prépare des actions", racontait-il il y a quelques jours.

De nombreux collectifs ou groupements d’usagers existent dans toute la France, certains sur des micro-lignes comme Vernon train de vie , d’autres sur des TGV comme le Tours Vendôme Paris . Certains ont juste un blog, informant des problèmes de transports, des projets, servant de plateforme d’échange entre voyageurs. D’autres organisent régulièrement des actions, comme les Naufragés du TER de la Côte d’Azur.

"Chaque mouvement a ses propres problématiques, très locales et des interlocuteurs différents. Certains dépendent du Stif en Ile-de-France, d’autres sont rattachés à deux ou trois régions", explique Alexis Pasquet, président de l’association URJ ( Usagers révoltés de la ligne J ), qui participe au mouvement. "Mais on a essayé de voir ce qui nous fédère, et on a voulu pendant cette période des régionales arrêter de parler chacun dans notre coin pour porter un vrai message commun : nous sommes des usagers quotidiens, nous payons nos abonnements tous les mois. On voudrait voyager dans des conditions correctes." Car quelque soit la ligne, les transports quotidiens sont plus que seulement des trajets : ils impactent sur tout le reste de la vie. "Derrière, ce sont des usagers qui souffrent, qui perdent leur boulot, parfois des familles qui se déchirent", détaille Alexis Pasquet. "Ces lignes malades ont aussi un impact sanitaire, économique. Il y a de vrais enjeux de société. " Le collectif national, neutre politiquement, veut montrer sa hargne et interpeller les candidats, tout en restant constructif : "On peut avoir des solutions ; la SNCF reste une entreprise de qualité, avec une excellente expertise du territoire", indique Alexis Pasquet. "On voudrait simplement que les usagers soient associés. On demande un peu plus d’écoute de la SNCF."

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