Grève des cheminots : 14 jours de grogne pour rien ?

Grève des cheminots : 14 jours de grogne pour rien ?

CONFLIT - Après 14 jours de grève des cheminots de la SNCF, les députés ont finalement adopté la réforme ferroviaire. Si quelques amendements ont modifié le texte, le mouvement social ne semble pas avoir profité aux grévistes. Bien au contraire.

Combat utile ou vaines revendications ? Malgré les 14 jours de grève initiés par deux syndicats de cheminots de la SNCF (CGT et SUD-Rail), la réforme ferroviaire a été adoptée ce mardi à l'Assemblée nationale. 355 députés ont voté pour, 168 contre et 27 se sont abstenus sur l'adoption de ce projet de loi qui prévoit de regrouper dans une holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF, qui gère le réseau). Depuis 2010, jamais la France n'avait connu un tel mouvement social sur son trafic SNCF. Mais malgré l'ampleur de leur mouvement, les cheminots sont loin d'avoir eu gain de cause.

> Des amendements censés les rassurer
Sans reculer sur la réforme, les députés ont approuvé jeudi dernier certains amendements visant à améliorer la fusion RFF-SNCF . Pour "rassurer les grévistes", qui voient dans ce rapprochement un écran de fumée , les députés ont adopté un amendement écologiste soulignant "le caractère indissociable et solidaire" des trois entités créées (SNCF, SNCF mobilités et SNCF réseau). Ils ont également voté la création d'un comité central d'entreprise au niveau du groupe, là où le projet de loi ne faisait référence qu'à un simple organe de concertation. Enfin, le groupe SNCF sera le niveau de référence des négociations sociales, et notamment de la négociation annuelle obligatoire (NAO). Des avancées donc ? "Cela ne change rien. Au contraire, cette disposition acte la séparation des trois entités", dénonce auprès de metronews le secrétaire fédéral de SUD-Rail David Wehrli.

> Une grève qui va coûter cher aux cheminots
Contrairement à certaines idées reçues , aucune caisse noire n'a financé ce mouvement social. Les grévistes espéraient seulement négocier avec la direction de la SNCF pour étaler les jours de grève sur plusieurs mois . En vain. "Nous n'avons pas pu négocier avec elle. Les salaires pour le mois de juin ont été arrêtés le 19. Et tous les cheminots qui ont fait grève vont voir leurs jours chômés retirés de la prochaine fiche de paie", déplore David Wehrli.

> Une impopularité qui a explosé
Devant les importantes perturbations générées par cette grève, les Français l'ont logiquement boudée. Selon un sondage Harris Interactive publié le 17 juin dernier par Le Parisien , 76% des Français se disent opposés à la grève des cheminots. Seuls 22% d'entre eux disaient soutenir leurs revendications. Et la CGT, en pointe sur cette contestation, a elle aussi pâti de ce mouvement : les Français sont désormais 69% à avoir une mauvaise opinion d'elle.

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