Grève des routiers : le mouvement pourrait se durcir

SOCIÉTÉ
SOCIAL - Depuis dimanche, les routiers mènent des opérations escargot partout en France. Mais mercredi soir, le patronat a refusé de reprendre les négociations. Les syndicats menacent alors de durcir le mouvement.

C'est une "déclaration de guerre" pour les syndicats. Alors que depuis trois jours, les routiers enchaînent barrages et opérations escargot , les routiers entendent bien durcir leur mouvement si le patronat ne revient pas sur sa décision de quitter les discussions

Et ils posent un ultimatum :  "Si à 8h30 le patronat n'est pas à la table des négociations, nous demandons solennellement que le gouvernement sorte de sa réserve et annonce immédiatement la suspension de toutes les aides publiques aux entreprises du secteur d'activité, retournant ainsi le rapport de force", a averti la CGT Transports.

Soutien du ministre

Les routiers réclament une revalorisation de 100 euros net de pouvoir d'achat mensuel pour l'ensemble des salariés, via une hausse de 5% et un taux horaire minimum de 10 euros brut pour les coefficients les plus bas. Ceux-ci ont même reçu mercredi soir le soutien du ministre des Transports, Alain Vidalies, qui a "déploré" le refus du patronat de reprendre les discussions.

Mais pas question, pour ces derniers, qui estiment "ne pas être en capacité de faire mieux" que de proposer 2% de hausse de salaire. Ils soulignent qu'ils ont aussi "proposé d'ouvrir des chantiers" sur les évolutions de la protection sociale, la refonte des classifications ou encore la formation professionnelle, des propositions "toutes rejetées". "Nos entreprises sont frappées de plein fouet par la crise économique et souffrent d'un grave déficit de compétitivité", font-ils valoir.

Décision à 8h30

Un argument rejeté par le ministre. Alain Vidalies, de son côté, pointe que les entreprises "ont bénéficié d'importantes mesures de soutien à l'emploi" dans cette branche où "les salaires conventionnels n'ont pas été augmentés depuis deux ans et certains taux horaires sont inférieurs au Smic".

Un dialogue de sourd, qui pourrait aboutir à un nouveau blocage des routes françaises. Le suspens va donc durer jusqu'à 8h30. La CFDT Transports, qui n'avait jusqu'à présent pas encore pris part au mouvement, a menacé d'un "conflit majeur" 

 

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