Grève SNCF : le gouvernement monte au créneau pour défendre sa réforme et assure qu'il "tiendra bon"

Société
UNION - La grève à la SNCF a débuté ce mardi matin, et le bras de fer avec le gouvernement s’annonce tendu. Si les cheminots sont bien décidés à ne rien lâcher, en tout cas pour les prochains jours, l’exécutif non plus. La ministre des Transports Elisabeth Borne a réaffirmé ce mardi matin que le gouvernement "tiendra bon".

Ce dimanche, alors qu'il circulait en voiture dans les rues du Touquet où il passait le week-end de Pâques en famille, le président de la République a répondu à un citoyen qui l'implorait de ne rien lâcher avec la SNCF : "Ne vous inquiétez pas". Le ton était donné. 

Ce mardi matin, c'est la ministre des Transports Elisabeth Borne qui est montée au créneau. Sur RMC et BFMTV, elle a assuré que le gouvernement "tiendra bon, dans l’écoute, dans la concertation, dans le dialogue". A la question de savoir si elle jugeait la grève justifiée, la ministre a répondu que "personne ne peut comprendre", alors qu’elle a annoncé "deux mois de concertation" et des "avancées" sur l’ouverture à la concurrence, que "les syndicats ne bougent pas" et "répètent qu’ils veulent un mouvement long".

Sur LCI (voir vidéo en tête de ce papier), elle a expliqué qu'elle ne pouvait pas se "résoudre à 36 jours de grève et 36 jours de galère pour les Français. Ma posture c’est : l’écoute, le dialogue, c’est de trouver des solutions ensemble." Elle a également assuré que cette réforme n'était pas dirigée contre les cheminots. "Je veux lever les inquiétudes des cheminots. Cette réforme elle n’est pas faite contre la SNCF,  elle n’est pas faite contre les cheminots. Elle est faite pour répondre aux attentes des Français qui veulent un meilleur service, elle est faite pour que la SNCF se modernise."

De la pédagogie sur Twitter

La ministre a même pris le temps de faire de la pédagogie en réalisant une vidéo "Vrai-Faux" sur la réforme de la SNCF diffusée sur les réseaux sociaux de La République en marche. 

Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat à la fonction publique, a lui aussi mis en avant le refus de dialoguer des syndicats. "Je ne sais pas s’il y a une culture de la grève, mais il y a une volonté d’entrer directement dans le rapport de force", a-t-il déclaré sur franceinfo, évoquant une "tradition de conflit". Selon lui "l’enjeu est simple, c’est expliquer aux cheminots et aux usagers ce que le gouvernement veut faire", à savoir "sauver et moderniser" la SNCF.

Il faudrait peut-être sortir de la gréviculture."Gabriel Attal, député LaREM

Dans le même registre, ce lundi sur France Inter, le porte-parole de La République en marche Gabriel Attal a lui invité la SNCF à "sortir de la gréviculture". "Je ne comprends pas cette grève" qui va "être dure pour les Français" sur une "réforme annoncée depuis un certain temps, l’ouverture à la concurrence a été actée en 2015 et il n’y a pas eu de mobilisation à cette époque, et alors qu’il y a eu des concessions annoncées par la ministre" des Transports, a continué le député. La grève a été annoncée "avant même" que le plan du gouvernement ne soit dévoilé, a critiqué l’élu LREM des Hauts-de-Seine, lui faisant dire qu’"il y a une opposition de principe, un conservatisme" face à une réforme qui sera "votée, adoptée".

L'intervention d'Edouard Philippe dans l'hémicycle

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Philippe à l'Assemblée : "Si les grévistes doivent être respectés, les millions de Français qui veulent aller à leur travail doivent l'être aussi"

Le Premier ministre Edouard Philippe est également intervenu au sujet de la SNCF lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Il a réaffirmé le souhait du gouvernement de mener une réforme "ambitieuse" pour sortir du "statu quo dans lequel nous sommes installés" et qui "n'est pas acceptable". "Le souci du gouvernement c’est de faire en sorte que demain les Français aient accès à un service ferroviaire de meilleure qualité. Ce n’est pas une attaque contre ceux qui font vivre le service public ferroviaire, c’est un constat. Il se dégrade, et il se dégrade rapidement" a dit le Premier ministre. 


Enfin, le chef du gouvernement a ajouté : "Je respecte les grévistes, car le droit de grève est un droit constitutionnellement garanti. Je respecte les grévistes, ils ont le droit de grève (...). Mais reconnaissez avec moi que si les grévistes doivent être respectés, les millions de Français qui doivent aller à leur travail parce qu’ils n’ont pas le choix doivent également être respectés."

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Réforme de la SNCF : bras de fer entre le gouvernement et les syndicats

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