Mouvement des cheminots : un taux de grévistes presque aussi élevé qu'en 1995

Mouvement des cheminots : un taux de grévistes presque aussi élevé qu'en 1995

HISTOIRE - Avec un taux de grévistes de 48% et de 77% chez les conducteurs, le mouvement des cheminots de la SNCF est presque aussi important que lors des grandes grèves de 1995, qui avaient fait plier le gouvernement Juppé. À 10 points près.

1995, 2018, même combat ? Alors que le mouvement de protestation des cheminots est parfois comparé à celui de 1995, les premiers chiffres publiés par la SNCF indiquent que le taux de grévistes du mardi 3 avril 2018 est proche de celui du 24 novembre 1995. 48 % du personnel de la SNCF et 77 % des conducteurs ont annoncé qu'ils feraient grève ce mardi 3 avril. C'est presque autant qu'il y a 23 ans, à 10 points près. Le vendredi 24 novembre 1995, 60 % du personnel et 85 % des agents de conduite débutaient une grève qui dura jusqu'à la mi-décembre. Des taux de grévistes proches, mais les deux mouvements le sont-ils tout autant ? 


En 1995 comme en 2018, une grève de la fonction publique a eu lieu avant la grande grève de la SNCF, mais les chiffres sont bien différents cette fois. Le 10 octobre 1995, 55% des fonctionnaires ont fait grève à l'appel de tous les grands syndicats, après les premières annonces du gouvernement Juppé. Le 22 mars 2018, le taux de grévistes dans la fonction publique d'État n'a atteint que 10%.

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Grève à la SNCF : les indices qui montrent l'ampleur de la mobilisation

Le gouvernement doit-il craindre un mouvement comparable aux "grandes grèves de 1995" ? À l'époque, les cheminots avaient été rejoints par France Télécom, La Poste, la RATP et de nombreux autres salariés du privé et du public. Point culminant du mouvement, des manifestations unitaires avait réuni le 12 décembre 1995 entre 1 et 2 millions de personnes en France.


Ce mardi, les cheminots ne seront pas seuls à manifester leur mécontentement. Le personnel d'Air France est également appelé par une intersyndicale à faire grève pour la quatrième fois en deux mois, les éboueurs également, à l'appel de la CGT. Le syndicat appelle aussi à faire grève dans le secteur de l’électricité et du gaz à partir du 3 mars. Sans oublier les étudiants mobilisés dans de nombreuses universités.


En revanche, contrairement à 1995, où les fonctionnaires se mobilisaient tous contre le "plan Juppé", les grévistes de 2018 ne se battent pas exactement contre la même chose, même si nombre d'entre eux souhaitent la fameuse "convergence des luttes". À Air France, on réclame une augmentation. Les éboueurs, eux, veulent  un "service public national" des déchets. Dans l'énergie, on souhaite entre autres un "nouveau service public de l’électricité et du gaz qui réponde à l’intérêt général", un "bilan de la déréglementation du secteur de l’énergie" et la "fin de la libéralisation du marché".

Autre indicateur qui peut faire office de baromètre d'un mouvement social : le soutien de l'opinion. En 1995, les sondages ont montré qu'une part croissante de la population a soutenu les grandes grèves. En 2018, selon des sondages Ifop pour le JDD, l'opinion progresse également, même si elle n'est pas majoritairement favorable à la grève. De 42 % les 14 et 15 mars, le soutien au cheminots mobilisés est passé à 46 % les 30 et 31 mars.

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VIDÉO - Mouvement des cheminots : le soutien à la grève progresse dans l'opinion

Pour éviter la contagion et gagner la bataille de l'opinion, le gouvernement se mobilise aussi. La ministre des Transports Elisabeth Borne a notamment déclaré que "personne ne peut comprendre que les Français se retrouvent pénalisés par une grève longue".

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