Grève SNCF : pourquoi y a-t-il une bataille des chiffres autour de la mobilisation des cheminots ?

Société
DÉCRYPTAGE – La SNCF annonce 34% de grévistes en ce premier jour de grève tandis que les syndicats se félicitent des 60% de personnels mobilisés. Qui dit vrai, qui bluffe ? On tente de décrypter les chiffres.

34% du personnel en grève, selon la SNCF. Plus de 60% de grévistes annoncés par le syndicat Sud. Le premier jour du large mouvement à la SNCF est déjà marqué par une première bataille des chiffres. Pour la direction de la compagnie, la mobilisation a été légèrement moindre que le 22 mars dernier (33,9% contre 35,4 %) en prenant en compte les présents et les absents enregistrés par les pôles de gestion du personnel. Pour les syndicalistes, on est proche du taux des grandes grèves de 1995 contre le gouvernement d’Alain Juppé, soit près du double.

En fait, chaque camp choisit son point de vue sur la mobilisation. Les positions se rejoignent cependant quand il s’agit d’expliquer le fort taux de trains supprimés. Pour tout comprendre, il faut regarder le statut interne de chacun. Il existe au sein des salariés de la SNCF deux groupes qui sont soumis à des régimes différents en cas de grève :


- Les cheminots qui doivent déclarer leur intention de participer aux mouvements 48 heures avant (55 000 agents – conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs, agents d’escale, etc.)


- Les cheminots qui n’ont pas l’obligation de se déclarer (95 000) et qui ne figurent pas forcément parmi les catégories les premières concernées (réseau, matériel, commerciaux, administratifs, etc.).

Dans le premier groupe, la SNCF admet que 77% des conducteurs se sont déclarés en grève et c’est leur mobilisation qui a eu le plus fort impact sur le trafic ferroviaire, entraînant les multiples suppressions de trains. 69% des contrôleurs ainsi que près de 40% des aiguilleurs et agents d’escale sont également en grève. Ces agents indispensables à la circulation sur le rail sont certes moins nombreux, mais leur mobilisation (48% contre 36% le 22 mars) a beaucoup plus d’effets pour les usagers que les 44% de personnels d’exécution en grève ou les 40% d’agents de maîtrise et 17% d’encadrants. 

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