Une "journée sans cheminots" prévue lundi 14 mai, le numéro 2 de la SNCF menace

GRÈVE - Ce samedi, le directeur adjoint de la SNCF Mathias Vicherat a annoncé une forte mobilisation pour la journée de lundi et d'éventuelles exactions et blocages de gares. Joint par LCI, SUD Rail a démenti ces échos tout en indiquant que la mobilisation serait très forte, équivalente à la journée de grève du 22 mars dernier.

Dans un climat de tension grandissant entre la direction de la SNCF et les différentes organisations syndicales, le directeur adjoint du groupe ferroviaire, Mathias Vicherat, s'est exprimé à propos des journées de grève prévues dimanche 13 et lundi 14 mai. Dans un premier temps, il a ainsi dévoilé les prévisions du trafic pour la journée de dimanche, à savoir 1 train sur 2 pour les Transilien, 2 trains sur 5 pour les TER, 1 train sur 2 pour les TGV et 1 train sur 3 pour les Intercités.

Le numéro 2 du groupe a ensuite communiqué concernant la mobilisation prévue ce lundi, pour laquelle les syndicats ont d'ores et déjà appelé à une journée "sans cheminots". Ce dernier a ainsi anticipé un "sursaut de mobilisation". "Nous n'avons pas encore tous les chiffres, mais la mobilisation sera plus forte. De fait, la SNCF a annoncé qu'un train sur trois circulerait sur les lignes TGV, TER et francilienne.


Mathias Vicherat ne s'est toutefois pas arrêté là, affirmant avoir "des échos" selon lesquels "certaines organisations syndicales souhaiteraient commettre des exactions, des blocages de gares par tous les moyens. Evidemment, nous les condamnons d’avance, nous prenons les moyens nécessaires en amont pour les éviter, avec les services de police." Et le cadre dirigeant de terminer, menaçant : "Nous ferons preuve de la plus grande sévérité, de la plus grande fermeté en cas d’exactions constatées, à travers des constats d’huissiers, des plaintes déposées et à travers la recherche des auteurs."

Cette journée va être un camouflet pour PépySUD Rail à LCI.

Joint par LCI, SUD Rail a formellement démenti tout projet d'exaction ou de blocage de gare pour la journée de lundi, indiquant seulement qu'une manifestation était prévue à 13h30 au départ de la gare de l'Est, en direction de la place de la République : "S'il y a des exactions, elles n'ont pas été fomentées par aucune organisation et cela aura été décidé par des cheminots au cœur de la grève", a ainsi assuré Bruno Poncet.


Concernant la mobilisation, l'organisation syndicale confirme qu'elle sera très importante, d'un niveau "équivalent au 22 mars", journée qui avait rassemblé 35,4% des cheminots en grève : "Il y a beaucoup de gens excédés par les prises de positions successives de Pépy [le PDG de la SNCF a refusé d'accorder la moindre légitimité à un référendum interne à la SNCF sur la réforme, ndlr] et autre, de voir que le gouvernement n'avance pas et n'apporte pas de réponse à de vraies questions comme la dette ou le statut conservé ou non. On le voit même chez les cadres supérieurs du groupe", une catégorie à la mobilisation relativement faible en temps normal. "Cette journée, finit Bruno Poncet, va être un camouflet pour Pépy, qui dit qu'il s'agit d'un mouvement qui ne touche que 20% des cheminots."


Même son de cloche du côté de la base, motivée comme jamais en vue de cette journée. "Quand j'ai appelé pour poser ma grève de lundi, la personne qui a pris ma demande m'a dit qu'elle n'avait jamais vu autant de personnes poser leur jour de grève", glisse l'un d'eux, également joint par nos soins.

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