Grève SNCF : pourquoi les trains continuent de rouler en Corse

EXCEPTION - Tandis que le reste de la France est en proie à la grève menée par la SNCF, le trafic des trains ne subit aucune perturbation en Corse. Une absence de mobilisation due à un régime bien spécial. Explications.

La SNCF entame son deuxième épisode de grève ce samedi 7 avril, à 20h. Le mouvement, organisé deux jours sur cinq, doit durer jusqu'au 28 juin, mais pourrait aller "au-delà" selon la CGT. Pendant ce temps, les trains corses roulent sans encombre. Non pas que les cheminots aient refusé de faire grève. Ils ne travaillent tout simplement pas pour la SNCF.


Si, dans l’ensemble du pays, la compagnie ferroviaire gère le réseau, les chemins de fer de l’île bénéficient en effet quant à eux d’un tout autre régime. Ils sont exploités par la Collectivité territoriale de Corse (CTC) qui a arrêté, en 2012, de confier la gestion commerciale de ses 16 gares et ses 242 kms de rails à la SNCF (il n'y a pas de trains "grandes lignes" sur l'île) en raison d’une hausse des coûts d’exploitation . La SNCF réclamait en effet 48 millions d’euros par an à la CTC pour poursuivre son activité, contre 12 millions l'année précédente. Les autorités ont donc préféré créer une société d’économie mixte qu’elles détiennent en majorité (55%). La SNCF, qui conserve un rôle de conseil, ne possède que 15% du capital.

Si le métier des cheminots corses reste quasiment identique à ceux de leurs confrères du continent, les conditions de travail, elles, ne sont pas les mêmes. "Les agents SNCF ont la gratuité sur les transports SNCF. Chose que nous n’avons pas, explique à TF1 Claude Botti, chef de gare d'Ajaccio CTC. Ensuite ils ont leur propre prévoyance, leur propre assurance maladie… Et nous ici, en Corse, nous sommes salariés de droit privé donc nous n’avons aucun de ces avantages. Par contre nous en avons d’autres que l’on a négociés." Parmi ces contreparties : les revalorisations salariales et l'optimisation du temps de travail.


Aujourd'hui, la CFC a de quoi se frotter les mains. "Nous avons augmenté, depuis 2012, notre fréquentation de 60%, nos recettes de pratiquement 50% et nous avons trouvé un équilibre depuis 6 ans au niveau de la contribution financière", souligne de son côté Jean-Baptiste Bartoli, directeur des chemins de fer corses. 

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