Grèves SNCF : Philippe Martinez, des usines Renault à la tête de la CGT

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SOCIAL - Le leader de la CGT est sur tous les fronts dans le mouvement de grève qui se joue ces jours-ci contre la réforme de la SNCF. Portrait d'un fils d'immigrés devenu une figure emblématique du syndicalisme.

Dans le bras de fer avec le gouvernement sur la réforme de SNCF, il est en première ligne. Philippe Martinez, le leader de la CGT, est en effet à la tête du premier syndicat de l'entreprise ferroviaire. Un poste qu'il occupe depuis 2015.


A l'époque, rien ne prédestinait l'homme à la moustache à devenir la bête noire de Matignon. En février 2015, il est en effet nommé en catastrophe à la tête de la CGT, après la démission de Thierry Lepaon, épinglé pour son train de vie. Le syndicat est alors à feu et à sang. L'objectif numéro 1 est de resserrer les rangs. Symbole de conservatisme pour les uns, héraut de la lutte contre la casse du code du travail pour les autres, il a finalement eu les mains libres pour déployer sa stratégie au fil des mois. 

Une stratégie échafaudée au plus près du terrain : né le 1er avril 1961 dans une famille d'immigrés espagnols, Philippe Martinez a fait toute sa carrière à Renault Boulogne-Billancourt, où il est entré en 1982. Il était délégué syndical central lorsqu'en 1997 le constructeur automobile ferme son usine belge de Vilvoorde. Il se souvient d'"une forte expérience de lutte" à dimension "européenne". Côté politique, il adhère au Parti communiste très jeune. Mais il en démissionne en 2002, précisant en garder "un certain nombre d'idéaux". Quand il prend les rênes de la CGT, il devient son premier numéro un sans carte du PCF.


Ceux qui le côtoient décrivent un "fin tacticien" qui a su s'allier les puissantes fédérations de la CGT, un leader parfois autoritaire, et un homme de terrain. Depuis qu'il a succédé à Thierry Lepaon, il a rencontré près de 2.000 syndicats pour tenter de comprendre pourquoi les troupes cégétistes baissent. Dès son élection à la tête du premier syndicat français, il avait donné le ton : "Continuer de montrer l'antagonisme entre ceux qui travaillent et créent des richesses et ceux qui s'enrichissent de façon éhontée à partir du travail des autres". Et "lutter contre les politiques d'austérité du gouvernement". Sa ligne ? "Montrer une CGT offensive, déterminée, rassemblée et rassembleuse". Mais aussi "moderne", en proposant une réduction du temps de travail à 32 heures ou une sécurité sociale professionnelle.


Premier coup d'éclat, le boycott à l'automne de la conférence sociale de François Hollande. Organisée au moment de l'affaire de la "chemise déchirée" du DRH d'Air France, le secrétaire général avait reproché à l'exécutif de s'être peu inquiété de la "violence" du plan de la direction menaçant 2.900 emplois. "Quand on se fait licencier, on est en colère, et cette colère, elle est légitime", dira-t-il en soutien aux syndicalistes interpellés. En avril 2018, à l'heure de battre le pavé contre la réforme de la SNCF, le leader est toujours en première ligne : "On a l'impression que le président de la République et le gouvernement avancent comme s'il ne se passait rien dans ce pays. Il serait temps qu'ils se débouchent les oreilles".

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