Guyane : Cazeneuve ayant rejeté la demande "irréaliste" des grévistes, un sit-in géant prévu mardi à Kourou

SOCIÉTÉ
BRAS DE FER – Le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" ("Pour que la Guyane décolle") avait balayé d’un revers de main ce week-end l’offre d’un milliard d’euros proposé par le gouvernement, exigeant "2,5 milliards d’euros tout de suite". Bernard Cazeneuve a rejeté lundi cette demande jugée "irréaliste". En réaction, les manifestants affirmeront leur détermination mardi lors d'un sit-in géant à Kourou.

L'issue du conflit social n'est pas pour tout de suite. D’une part, les Guyanais réclament une aide conséquente pour sortir le département de la crise. De l’autre, le gouvernement socialiste, en fin de mandat, dit ne pas vouloir promettre l'impossible. Lundi, le Premier ministre qui présidait une réunion interministérielle réunissant 12 membres du gouvernement a ainsi rejeté la demande "irréaliste" des meneurs du mouvement social en Guyane, fixé à 2,5 milliars d'euros. 


"Il serait (...) aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste puis d'en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement, a déclaré Bernard Cazeneuve. Ce n'est pas la conception que nous avons de la responsabilité dans la République."


Des propos qu'ont peu goûté les grévistes. En réaction, un sit-in géant doit se tenir mardi à Kourou, d'où décollent les fusées Ariane, pour affirmer la "détermination" des manifestants guyanais. Ce rassemblement doit démarrer à 9 heures (14 heures à Paris) dans cette ville symbole de la "fracture" guyanaise, où l'Etat, via le centre spatial, investit d'importantes sommes pour ce projet industriel, quand très peu d'infrastructures "sont faites en Guyane pour la population", a expliqué Youri Antoinette, un membre du collectif organisateur.

11 accords déjà trouvés

Lundi, le Premier ministre avait souhaité poursuivre le dialogue avec le collectif rassemblant l'ensemble des mouvements protestataires. "J'entends dire que ces négociations auraient échoué, je veux sur ce point faire une mise au point précise", a-t-il ajouté. Au cours de la nuit de samedi à dimanche en Guyane, pas moins de 11 accords ont pu être trouvés sur des sujets essentiels comme la sécurité et la justice, la pêche, les transports, le bâtiment, les travaux publics, le tourisme, les mines, le développement de l'agriculture ou l'énergie."


Le plan d'aide gouvernemental prévoit, entre autres, l'envoi de 50 policiers et gendarmes et de faire passer le nombre de réservistesde 200 à 300. De plus, le plan prévoit la création d'une cité judiciaire à Cayenne, la construction d'un tribunal de grande instance et celle d'un établissement pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni. Ces accords ont pu être trouvés suite aux négociations conduites par la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, et le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, qui se sont rendus en Guyane la semaine dernière. 


Les mouvements protestataires souhaitent davantage d'implication du gouvernement sur le plan sécuritaire. La Guyane est en effet  le département français  où le taux d'homicides est le plus élevé

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