Guyane : la délinquance en baisse depuis le début du mouvement de protestation

CAUSE A EFFET ? – Barrages routiers, présence des "500 frères"… Alors que la Guyane entre ce samedi dans son treizième jour de protestation, le procureur de la République de Cayenne, Eric Vaillant, note une nette diminution des faits de délinquance dans le département, champion de l’insécurité.

Vêtus de cagoules et d’uniformes noirs, les "500 frères" ont notamment un but : lutter contre la violence et la criminalité organisée. Et pour cause, la Guyane détient le triste record du territoire français le plus meurtrier par nombre d’habitants, avec 42 homicides recensés en 2016. Les vols avec violence sont également monnaie courante. Il y en a eu 2.338 l’année dernière. Et pour ne rien arranger, les chiffres sont en constante augmentation. 


L’insécurité est donc une priorité pour beaucoup de Guyanais et les manifestations organisées depuis 13 jours semblent les mettre sur la bonne voie pour parvenir à leurs fins. Le procureur de la République de Cayenne, Éric Vaillant, indique ainsi à l’AFP constater "une diminution des faits de délinquance", confirmant une information du site Guyaweb.

Forces de l’ordre mobilisées, barrages, rôle des "500 frères"…

"Il y a moins de gardes à vue car il y a moins de faits. Mais aussi parce que les forces de l'ordre sont mobilisées par le conflit social et certaines auditions ont été reportées", détaille Eric Vaillant. "C'est probablement parce que les délinquants seraient empêchés de fuir à cause des barrages bloquant les quelques artères stratégiques donc ils ne s'y risquent pas", complète la gendarmerie. Une source judiciaire interrogée par l’AFP estime quant à elle que "les 500 frères jouent leur rôle et leur démarche cagoulée peut effrayer les potentiels délinquants".

Cayenne, le chef-lieu du département, n’est pas la seule à être concernée. "Sur le terrain, on constate moins d'interventions à effectuer, moins de vols à main armée", indique Thomas Pardieu, commandant de la gendarmerie de Saint-Laurent du Maroni, une ville située à la frontière du Surinam.


De son côté, Olivier Le Cardinal, le numéro un de la police guyanaise, tempère ces propos : "On notait déjà une baisse de la délinquance avant le mouvement. Les délinquants ont arrêté de bouger quelques jours mais depuis deux ou trois jours, les cambriolages reprennent". 


Sur le fon du dossier, à la suite des excuses de la ministre des outre-mer, Ericka Bareigts, les discussions pour trouver une issue durable à l’insécurité et plus globalement à la crise ont pu reprendre.  Elles se poursuivront ce samedi.

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