Guyane : la ministre des Outre-mer repart à Paris sur un désaccord, Cazeneuve convoque une réunion à Matignon

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PAS D'ACCORD - Les négociations entre Ericka Bareigts et le collectif guyanais ont échoué. La ministre des Outre-mer est donc repartie pour Paris. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve présidera lundi après-midi une réunion ministérielle sur la situation dans le territoire ultramarin.

Après avoir étudié les propositions du gouvernement, le collectif guyanais "Pou La Gwiyann dékolé" les a finalement refusées. Selon les informations de Guyane 1ère, lors d'une réunion qui a duré 15 minutes, il a d'abord reconnu des efforts sur la sécurité et l'économie. Mais ces derniers sont jugés insuffisants par les manifestants concernant la santé et l'éducation. "Nous exigeons 2,5 milliards d'euros tout de suite", a lancé depuis le perron de la préfecture à Cayenne Olivier Goudet, un porte-parole du collectif.


La ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts, a alors expliqué qu'elle était "allée au bout du chemin", rapporte la chaîne. "Il y a beaucoup de sujets avec des avancées significatives", a-t-elle poursuivi, avant de demander au collectif de cesser la grève générale qui bloque le département depuis plusieurs jours, et ce "pour que les entreprises fonctionnent à nouveau et pour que les enfants retournent à l'école".


Après cet échec des négociations, le Premier ministre Bernard Cazeneuve présidera lundi après-midi une réunion ministérielle sur la situation dans le territoire ultramarin. Programmée à 16H30 à Matignon, elle doit notamment rassembler les deux ministres de retour de mission en Guyane, Ericka Bareigts (Outre-mer) et Mathias Fekl (Intérieur). Sept autres membres du gouvernement doivent également y participer, selon le cabinet du Premier ministre: Najat Vallaud-Belkacem (Education), Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé), Jean-Jacques Urvoas (Justice), Jean-Michel Baylet (Aménagement du territoire), Stéphane Le Foll (Agriculture), Patrick Kanner (Ville) ainsi que le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert.

La grève se poursuit, des barrages restent en place lundi

Car les grévistes n'entendent pas s'arrêter là.  "Mettre fin à la grève comme si tout allait bien n'est pas possible", a réagi à Guyane 1ère un porte-parole. "Nous restons mobilisés et déterminés", a-t-il poursuivi. "Nous allons faire très bientôt une nouvelle démonstration de force. Le 28 mars, nous étions 40.000 dans la rue. Il faudra être encore plus nombreux la prochaine fois !", a déclaré Davy Rimane à la chaîne, l'un des membres du collectif. 


"La ministre fait comme si elle ne savait pas que nous avons 50 ans de retard, qu'on subit, que nous voyons de la misère dans notre pays. Nous allons lui montrer", a indiqué à l'AFP Olivier Goudet, ajoutant que "tous les barrages seront fermés" lundi. Mickaël Mansé, également porte-parole des "500 frères contre la délinquance" a pour sa part indiqué que "la fusée restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas". Une manifestation est d'ailleurs prévue à 9h à Kourou (14h à Paris), à proximité de la base de lancement d'Ariane. Le porte-parole du Médef de Guyane Stéphane Lambert a quant à lui déclaré qu'ils avaient "obtenu l'essentiel de (leurs) revendications" mais qu'ils restaient "solidaires".

Je prends acte que nous ne sommes pas arrivés à un accordEricka Bareigts, ministre des Outre-mer

Selon la ministre, le travail continue. "J'ai une réunion lundi à Paris avec le Premier ministre et tous les ministres concernés", a-t-elle assuré, selon les propos rapportés par Guyane 1ère. "Je prends acte que nous ne sommes pas arrivés à un accord". 


Le gouvernement compte néanmoins maintenir ses engagements et son plan à 1,085 milliard d'euros. Il "répond aux préoccupations prioritaires exprimées par les différentes parties prenantes regroupées en collectifs, notamment en ce qui concerne l’éducation, la sécurité, la santé ou la commande publique", indiqueE ricka Bareigts dans un communiqué. Par ailleurs, des accords sectoriels ont été conclus sur "l'économie", "l’agriculture", "le BTP", "les activités minières" ou encore "les communautés amérindiennes et bushninengue", précise-t-elle.


Face aux manifestants, le gouvernement avait indiqué vouloir construire de nouveaux établissements scolaires, moderniser le système de santé, pérenniser "un escadron de gendarmes mobiles en Guyane" mais aussi faire venir des renforts de police et de gendarmerie dès 2017. Les grévistes étaient alors allés plus loin dans leurs revendications en demandant "un statut particulier" pour donner à la Guyane plus d'autonomie.

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