Guyane : le collectif portant la grève exige un "statut particulier"

CONFLIT - Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé", qui porte le mouvement social en cours depuis deux semaines en Guyane, a réclamé samedi soir un "nouveau statut" pour ce territoire lors de ses négociations avec la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts. Il n'est pas convaincu par le plan d'action d'un milliard d'euros promis par le gouvernement.

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé", qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires guyanais, "demande au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter notre pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, un statut particulier pour la Guyane", a déclaré samedi soir l'un de ses membres, Davy Rimane, depuis le perron de la préfecture, où des discussions se tenaient avec la ministre des Outre-Mer Ericka Bareigts.

Des centaines de personnes massées en contrebas ont réagi par des cris de joie à l'annonce du collectif. Interrogé peu après par l'AFP, Davy Rimane, par ailleurs militant du syndicat UTG-énergie, a justifié cette exigence par la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer". Les engagements de l'Etat annoncés samedi -à hauteur d'un milliard d'euros- n'ont donc pas suffi à calmer les tensions. 

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Guyane : un plan à un milliard d'euros

"Avec un autre système, on pourrait décider nous-mêmes de ce qui est bon pour nous", plutôt que de "demander des autorisations pour tout" en métropole. Davy Rimane

Vers un nouveau référendum ?

Les électeurs de Guyane ont pourtant dit nettement "non" en janvier 2010 à l'autonomie accrue de leur département qui leur était proposée lors d'un référendum organisé à la demande d'une majorité de leurs élus locaux.


"Mais cette crise est l'expression de l'échec de ce référendum, a observé Gauthier Horth, un autre membre du collectif. Car le cadre réglementaire n'est pas du tout en adéquation avec la réalité guyanaise." Et cet entrepreneur de citer l'exemple de piroguiers qui, lorsqu'ils travaillent pour la fonction publique, sont employés comme "chauffeurs automobiles", tout simplement car le métier de piroguier "n'existe pas" dans la nomenclature hexagonale.


"L'Etat exerce ses pouvoirs régaliens sans se soucier d'efficacité", a pesté Gauthier Horth. La question du statut particulier de la Guyane était incluse dans les quelque 428 revendications du collectif apportées jeudi aux ministres Matthias Fekl (Intérieur) et Ericka Bareigts. "La réponse du gouvernement a été 'non', à cause de la consultation de 2010", a indiqué Davy Rimane.

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