Harcèlement dans les transports : ce que prévoit le plan du gouvernement

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TRANSPORT - Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports et Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des Droits des femmes, ont présenté jeudi le "Plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun" du gouvernement.

Sifflement, mains aux fesses, injures, compliment lourdingue… D’après un rapport du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes remis en avril à Pascale Boitard, la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, 100% des femmes sont victimes de harcèlement dans les transports.

Pourtant, le harcèlement peut être lourdement sanctionné : une injure publique est ainsi passible de six mois d’emprisonnement et de 22.500 euros d’amende, les mains aux fesses ou baisers forcés sont passibles de cinq ans de prison. Mais il reste tenace. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement a présenté ce jeudi son plan de lutte contre le harcèlement dans les transports en commun. 12 engagements sont pris.

Pour mieux prévenir
1. Des marches participatives d’usagères pour améliorer la sécurité des femmes dans les transports. Il s’agit de visites de terrain des stations, des gares, des trains, des métros... avec des groupes d’usagères, les transporteurs, les élus concernés pour identifier les aménagements insécurisants ou pouvant être améliorés (éclairage, présence humaine, vidéoprotection, rames d’un seul tenant...).
2. Une campagne de sensibilisation dès l’automne. En affiches et sur internet, elle aura pour but de rappeler que le harcèlement et les violences sexistes sont punis par la loi, d’en dissuader les auteurs potentiels et d’inciter les témoins à être solidaires face à ces situations.
3. Des messages pérennes. Les transporteurs intégreront la question du harcèlement sexiste et des violences sexuelles dans l’affichage et les outils de communications permanents sur les règles applicables aux voyageurs.
4. L’expérimentation de l’arrêt à la demande pour les bus la nuit. A Nantes, afin d’éviter qu’en soirée les usagers n’aient à effectuer de trop long trajets à pied à parcourir dans des espaces peu sécurisants, la TAN (Transports de l’agglomération nantaise) expérimentera l’arrêt des bus à la demande sur certaines lignes en soirée.
5. La mobilisation des services de l’Etat sur tout le territoire.

Une réaction plus efficace face à ces situations
6. Des services d’alerte téléphonique plus efficace. Le 3117, numéro d’urgence de la SNCF traitera les cas de violences sexuelles et de harcèlements sexistes. Le 3246 de la RATP permettra également de signaler ces situations.
7. L’alerte par SMS pour plus de sécurité. Dans certains contextes d’agression, certains témoins peuvent craindre pour leur sécurité personnelle en signalant les faits par téléphone. L’alerte par SMS permettra à l’avenir plus d’instantanéité et de discrétion. Elle sera mise en place par la SNCF pour le 3117 avant la fin de l’année 2015. Une étude est également lancée sur ce sujet à la RATP.
8. Le développement de nouveaux outils numériques d’alerte et de signalement.
9. Un travail continu du suivi de phénomène.

Mieux accompagner les victimes dans des transports publics non sexistes
10. Des personnels mieux formés.
11. Favoriser la mixité dans les entreprises de transport.
12. Lutter contre la diffusion des messages sexistes. Un travail sera engagé pour éliminer les messages sexistes, notamment publicitaires dans les transports en commun, qui créent un environnement hostile pour les femmes.

> Pour lire le rapport au complet sur le site du ministère
 
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