"#HarcelementDomicile" : quand un technicien Orange utilise des données clients pour draguer

"#HarcelementDomicile" : quand un technicien Orange utilise des données clients pour draguer
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DONNÉES PERSONNELLES - Une internaute a relayé un SMS de drague qu’un technicien de l’entreprise de télécommunications Orange lui a envoyé ce lundi après une intervention à domicile. Avait-il le droit d’utiliser son numéro à des fins personnelles ? Eclairage.

"Voilà pourquoi je hais quand des techniciens viennent chez moi." Une jeune femme a relayé sur Twitter le SMS qu'elle a reçu ce lundi de la part d'un technicien Orange. Après être intervenu chez elle avec un collègue, l'homme s'est permis de lui envoyer un message ouvertement dragueur : "Rebonjour c'est le technicien orange. Juste pour vous dire que vous êtiez très jolie et que vous avez un très beau sourire. J'ai pas osez (sic)devant mon collègue en formation. Et c'est pas très pro. Voilà, désolé pour la gene (re-sic)."

Après la publication de son tweet, la jeune femme a été la cible de plusieurs internautes l'accusant de menacer l'emploi du technicien. Dans la foulée, plusieurs femmes ont raconté leur propre expérience via le hasthtag #harcelementdomicile. Elles y racontent le harcèlement dont elles ont été victimes après avoir communiqué leur numéro ou leur adresse à une entreprise ou un professionnel.


Une heure après avoir reçu le message du technicien, la jeune femme lui a répondu dans un nouveau texto, ensuite publié sur son compte Twitter : "Bonjour. En effet ce n'est pas très pro. J'ai pris contact avec le service réclamation orange. Cela va être remonté à votre service. Très bonne journée".  Pas très pro, c'est certain. Mais est-ce que ce ne serait pas non plus illégal ?

Pour trouver la réponse, il faut se référer à l'article 6 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. "Les données à caractères personnel sont collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes et ne sont pas traitées ultérieurement de manière incompatible avec ces finalités", indique l'article. En clair, le fameux technicien Orange n'avait pas le droit d'utiliser le numéro de la cliente à des fins autres que celles prévues dans le cadre de sa mission.


Avertie par l'internaute, il appartient désormais à l'entreprise de sanctionner (ou non) son salarié. Du côté de la victime, elle peut se retourner en justice contre l'entreprise pour "détournement d'informations personnelles". "Etant donné que l'on est dans le cadre du droit civil, les préjudices seront ensuite appréciés par les juges", rappelle Me Eric Rocheblave, avocat en droit du travail. "Le véritable coupable, c'est Orange, estime ce dernier. Dans ce cas précis, l'entreprise ne garantit pas à l'égard de sa clientèle que son personnel soit respectueux de ses données personnelles". 


Contactée par LCI, l'entreprise Orange indique qu'il s'agit d'un "cas isolé" et regrette "le comportement inapproprié de ce technicien". Concernant une éventuelle sanction, elle ajoute que ce sera réglé en interne", mais qu'elle s'oriente davantage vers un blâme ou un avertissement qu'un licenciement.

"J'arrive ma puce", "J'ai pas de bonbon mais j'ai une sucette pour toi"...

Ce n'est pas la première fois que l'utilisation frauduleuse de données clients créé la polémique. En 2015, de nombreuses clientes de la société de VTC Uber s'étaient plaintes sur Twitter d'être draguées par des chauffeurs. On pouvait notamment lire des messages tels que : "J'arrive ma puce" ou "j'ai pas de bonbon mais j'ai une sucette pour toi". 


Interrogée par Libération, l'entreprise avait alors rappelé : "Il est interdit à nos chauffeurs de contacter un utilisateur après le transport. Tout manquement à notre charte de qualité, et a fortiori la loi, entraîne une suspension immédiate, puis définitive si l’incident s’avère confirmé".

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