Hausse des péages : les automobilistes paient-ils vraiment le prix juste ?

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AUTOROUTES - Une enquête du magazine 60 millions de consommateurs pointe une augmentation des tarifs autoroutiers qui dépasse l'inflation. La palme revient au Bordeaux-Pau, qui reste une des autoroutes les plus chères de France, avec une hausse de 16,2%.

La question des tarifs autoroutiers revient régulièrement dans le débat public. Depuis la privatisation des sociétés autoroutières en 2006, les tarifs des péages n’ont cessé d’augmenter. En 10 ans, les prix des péages auront connu une hausse de près de 20%. Et ce sont évidemment les automobilistes qui en font les frais. Le magazine 60 millions de consommateurs, dans une enquête à paraître le 22 juin prochain, a dressé le palmarès des plus importantes hausses de péages dans l'Hexagone depuis 2011.


Pas moins de vingt-neuf axes autoroutiers ont été passés au crible par "60", parmi lesquels vingt-huit ont vu leurs tarifs croître de plus de 5,3%, "c’est-à-dire au-delà de l’inflation constatée depuis 2011", souligne la revue de défense des consommateurs. Six tronçons ont même augmenté leurs tarifs de plus de 10%. La palme revient au Bordeaux-Pau, qui reste une des autoroutes les plus chères de France, avec une hausse de 16,2%. Pour se faire une idée : un Paris-Montpellier coûte aujourd’hui 46,10 euros, contre 40,90 euros en 2011, soit 12,7 % de hausse.

Qui fixe les prix des péages ?

Depuis 2006, ce sont les sociétés d’autoroutes (PRR, Area, ASF, Escota, Cofiroute, Sanef et SAPN) qui décident de la fixation des tarifs autoroutiers. L’Etat a malgré tout son mot à dire et les encadre. En 2015, par exemple, face à la rente de ces sociétés dévoilée par une enquête de l’Autorité de la concurrence, le gouvernement avait décrété un gel des prix. Cette fois, c'est l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) qui a rendu, le 19 juin dernier, un avis critique sur les investissements du plan autoroutier de janvier 2017.  

L'Etat conteste la future hausse

Le gouvernement a conclu en janvier dernier un plan d’investissement avec les sociétés d’autoroute. Pour cela des avenants ont été créés pour modifier sept contrats de concession autoroutiers. Le but : améliorer le réseau, grâce à de nouveaux diffuseurs autoroutiers ou aires de covoiturage, mais aussi en créant des aménagements pour le milieu naturel (murs anti-bruit, passage pour la faune, etc.). Coût des opérations : 803,5 millions d’euros. Un chiffre conséquent, qui nécessite de trouver de l'argent.


Le problème ? Son financement. Pour réaliser l’ensemble du plan, soit les 57 opérations, l’Arafer constate que les investissements seraient "essentiellement" tirés "des hausses de péages, comprises entre 0,1% et 0,4% par an sur les années 2019, 2020 et 2021. L'autorité estime que 23 d’entre elles (portant sur 270 millions d’euros) ne devraient pas être supportées par l’automobiliste via des hausses de péage.

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