Hausse des prix des carburants : les pistes du gouvernement pour apaiser la fronde

Société
COMPROMIS - Pour tenter de calmer la grogne qui monte face à la hausse du prix des carburants, le gouvernement planche sur des mesures "d’accompagnement", comme l'élargissement du chèque énergie ou le renforcement de la prime à la conversion. Elles devraient être présentées au plus tard mercredi.

A cinq jours de la journée de mobilisation des "gilets jaunes" contre la hausse du prix des carburants, l’exécutif prépare une série d’annonces afin de calmer la grogne des automobilistes. Lundi, plusieurs ministres, Bruno Le Maire (Economie), François de Rugy (Transition écologique), Gérald Darmanin (Comptes Publics) et Elisabeth Borne (Transports), se sont réunis autour d’Édouard Philippe à Matignon pour plancher sur les mesures susceptibles d’aider les plus foyers modestes à supporter la hausse des prix à la pompe.


Alors que la grogne monte et s’organise, le gouvernement craint en effet cette journée de blocage des routes, dont l’ampleur est pour l’instant difficile à mesurer. Selon une source proche des discussions, l’exécutif devrait annoncer au plus tard mercredi, jour de Conseil des ministres, les pistes retenues destinées à apaiser les tensions. 

La prime à la conversion élargie, mais le chèque carburant rejeté

Plusieurs mesures ont été mises sur la table : 


- Le renforcement de la prime à la conversion : le nombre de bénéficiaires de cette prime qui encourage les  automobilistes à échanger leurs vieux véhicules polluants contre des voitures plus propres, pourrait en effet bondir. Comme l'a déjà laissé entendre le Premier ministre, l'exécutif pourrait s'engager à financer un million de primes d'ici 2022, au lieu des 500.000 actuellement prévus. Son accès serait aussi faciliter pour les "gros rouleurs", même quand leurs voitures ne sont pas aussi vieilles que l'exige le dispositif.


Cette année, alors que le gouvernement s'est fixé comme objectif le versement de 100.000 primes à la conversion, celle-ci a rencontré un succès plus important que prévu. En effet, mi-septembre, déjà plus de 170.000 dossiers avaient été déposés et d'ici la fin de l'année, le gouvernement espère atteindre le chiffre de 250.000. 


Instauré depuis le 1er janvier, ce dispositif prévoit le versement d'une prime de 1000 euros (2000 euros pour les ménages non imposables) pour la mise au rebut des véhicules diesel d'avant 2001 (et d'avant 2006 pour les ménages non imposables) et des véhicules essence d'avant 1997. La voiture achetée doit quant à elle répondre à certains critères écologiques (vignette Crit'Air de 0 à 2 / normes Euro 5 ou 6) mais peut être d'occasion. La prime est portée à 2500 euros pour l'achat d'un véhicule électrique neuf. 


- L’élargissement du chèque énergie : Cette aide d’un montant de 150 euros – et de 200 euros en 2019 – est actuellement versée à 4 millions de Français afin de payer leurs factures d’énergie. Le gouvernement pourrait faciliter les conditions d’éligibilité afin que deux millions de Français supplémentaires puissent en bénéficier. 


- Une prime "covoiturage" : initialement prévue en 2020 dans le cadre du Plan de mobilité, une aide incitant au covoiturage pourrait être mise en place dès l’an prochain. L’idée est simple : permettre aux salariés d'être remboursés par leur employeur d'une partie de leurs frais de transport pour se rendre sur leur lieu de travail lorsqu'ils font du covoiturage. En revanche, on ignore encore son montant précis.


- Défiscalisation des aides régionales : le gouvernement envisage de défiscaliser certaines aides versées par les régions aux foyers les plus modestes est également à l’étude.


En revanche, l’idée d’un chèque carburant, que réclamait notamment le parti Les Républicains, semble écartée. "Ce serait subventionner le pétrole", a estimé sur France Inter Bruno Le Maire.

Cité par Le Parisien, un membre de l’entourage du Premier ministre évoque "un plan d’ensemble" et "un bouquet de solutions structurantes et cohérentes les unes avec les autres sur le long terme". "Il ne s’agira pas de simples mesures pour faire des annonces à quelques jours de la manifestation du 17 novembre. On veut dépasser cela", assure cette source.


Édouard Philippe devrait annoncer les mesures retenues d’ici quelques jours, a confirmé ce mardi sur LCI la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. A moins qu’Emmanuel Macron profite de son interview au 20H de TF1 mercredi soir pour répondre lui-même aux revendications des "gilets jaunes".

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