Prix des carburants : les ONG écologistes demandent une aide financière pour les conducteurs qui n'ont pas le choix

Société
TRIBUNE - Les 22 associations du Réseau Action Climat critiquent l'instrumentalisation de la fiscalité écologique "par les responsables politiques de tous bords", dans une tribune publiée sur France Info. Ils souhaitent une aide financière pour les conducteurs "qui ne peuvent pas faire autrement" et la mise en place rapide de mesures alternatives.

Face à la crise sociale provoquée par l'augmentation des prix des carburants, les ONG environnementales ont décidé de se positionner dans le débat en affirmant la nécessité d'une fiscalité écologique, tout en critiquant la manière de faire du gouvernement. S'ils dénoncent les prises de parole irresponsables de dirigeants de tous bords politiques qui alimentent les tensions, alors que l'urgence climatique reste une priorité, ils estiment également que l'Etat doit aider financièrement ceux qui ne peuvent pas faire autrement, tout en les accompagnant vers des solutions alternatives.

"La fiscalité écologique est un outil indispensable"

C'est par le biais d'une tribune publiée sur le site de France Info que le Réseau Action Climat a choisi de s'exprimer, alors que le mouvement du 17 novembre fait la une des médias. Les 22 associations membres, dont la Fondation pour la Nature et l'Homme, France Nature Environnement ou encore Greenpeace, relèvent que "les prises de parole de plusieurs responsables politiques de tous bords alimentent les tensions autour de la hausse des prix des carburants, dénonçant à tout va la fiscalité écologique. Et ce, alors que ces mêmes responsables placent l'urgence climatique et la lutte contre la pollution de l'air parmi leurs priorités". 


Selon eux, la fiscalité écologique est nécessaire et l'instrumentaliser est "irresponsable alors même que le GIEC rappelait, le mois dernier, que sans efforts supplémentaires sans précédent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons nous mettre à l'abri des pires impacts du dérèglement climatique et que la pollution de l'air continue chaque année d'occasionner 48 000 morts prématurées dans notre pays.

Pourtant, les ONG se montrent également très critiques envers le pouvoir en place quant à la méthode. "Le gouvernement actuel mène une politique des transports qui, à ce jour, n'est ni cohérente avec l'urgence climatique ni juste socialement", soulignent-elles. 


Elles estiment donc que "le gouvernement est également responsable de la crise en cours, puisqu'il tarde à mettre en place des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n'ont pas les moyens de se déplacer autrement. Responsable aussi parce que cette fiscalité qui touche les Français épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le secteur aérien ou le transport routier de marchandises."

Une aide financière pour "ceux qui ne peuvent pas faire autrement"

Libérer de l'addiction au pétrole ne doit pas se faire de manière brutale et au seul détriment des citoyens qui n'ont actuellement pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture. "Il y a ceux qui ne peuvent pas faire autrement : parce qu'ils ont peu de moyens mais qu'en plus, du fait de leur implantation géographique, ils ne peuvent se déplacer autrement qu'en prenant leur voiture", indiquent les ONG. "C'est à ces citoyens que le gouvernement doit apporter de manière urgente un soutien financier, pour leur permettre de faire face à la hausse du prix des carburants".

En vidéo

Mouvement du 17 novembre : semaine décisive pour les gilets jaunes

Au-delà de cette aide, il faut apporter "des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture."  Les ONG attendent donc beaucoup de la loi mobilités qui doit être présentée en Conseil des ministres le 21 novembre : "Transports en commun et vélo, développement de véhicules véritablement moins émetteurs et moins polluants, désenclavement des territoires via un réseau ferré opérationnel, modernisé et accessible à tous les portefeuilles, lutte contre l'étalement urbain sont autant de solutions qui doivent être actées et financièrement soutenues par le gouvernement dans sa prochaine loi".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes ne s'éteint pas

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter