Dans le Haut-Rhin, on doit présenter son compte bancaire pour toucher le RSA

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FLICAGE - Pour lutter contre la fraude, le département du Haut-Rhin peut désormais contrôler le compte bancaire des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA). Si les principaux concernés dénoncent une "intrusion", le conseil départemental, lui, justifie cette action par l'explosion des coûts liés aux fraudes.

Au centre socioculturel Europe de Colmar (Haut-Rhin), des employeurs viennent à la rencontre de personnes en recherche d'emplois. Parmi la population : des bénéficiares du RSA, qui ne décolèrent pas de la décision du conseil départemental du Haut-Rhin de pouvoir prochainement contrôler leur situation bancaire. "Une intrusion de la vie privée", s'insurge Claire au micro de TF1. "Je n'ai pas à justifier mes dépenses", ajoute t-elle. 

Soulager les dépenses publiques

À un jet de pierre de l'événement, se trouve le conseil départemental du Haut-Rhin, présidé par Eric Straumann (LR). Et pour  lutter contre l'explosion des coûts liés aux fraudes, celui-ci a trouvé la parade : conditionner le versement du RSA à sept heures de bénévolat hebdomadaires. Une mesure qui sera mise en place le 1er janvier 2017, et vivement contestée par l'Etat, qui a saisi début avril le tribunal administratif de Strasbourg sur ce sujet brûlant. Mais à ce jour, la justice n'a rendu aucune décision. 


Au micro de TF1, Eric Straumann reste ferme, convaincu du bien-fondé de la mesure. "Lorsque tout allait bien, on était moins regardant sur les dossiers. En revanche, aujourd'hui, ces fraudes représentent une somme de 110 millions d'euros pour le département du Haut-Rhin. Cela étant, nous sommes obligés d'être plus attentifs". 

"Contrôler les plus pauvres qui ont besoin d'argent pour survivre"

Dans le Bas-Rhin, département voisin, un dossier d'allocataire sur dix est passé au crible, compte bancaire inclus. Pourtant, la responsable unité de gestion et contrôle du RSA, Diane Diss, ne fait état d'aucune fraude massive. De leur côté, plusieurs associations "évoquent une chasse aux plus  précaires". "Quel message envoyez-vous à la société quand vous contrôlez les plus pauvres qui ont  besoin d'argent pour survivre ", enrage Thomas Khun, président d'Emmaüs France. 


Une désillusion de taille pour Thomas Khun, puisque le département du Nord a décidé d'imiter le Haut-Rhin, également pour des raisons budgétaires. 5000 bénéficiaires du RSA auraient été contactés par les services du département, dèja à pied d'oeuvre, selon France Info. Une initiative née d'un constat, selon le président du conseil départemental dui Rhône : 45.000 allocataires ne sont pas en recherche d'emploi et grèvent ainsi les finances publiques. 


Et la mesure pourrait davantage faire tâche d'huile puisque selon nos informations, une dizaine d'autres départements auraient contacté leurs homologues alsaciens pour étendre à leur tour leur politique de contrôle. Affaire à suivre donc. 

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