Haute-Savoie : un éleveur visé par une plainte.... car ses vaches empruntent la route pour aller paître

Haute-Savoie : un éleveur  visé par une plainte.... car ses vaches empruntent la route pour aller paître

BUZZ - En Haute-Savoie, un éleveur est visé par une plainte pour "obstruction de la voie publique". Un riverain l’accuse de passer par une route communale quand il emmène paître ses vaches

Il y a eu les cloches des vaches qui faisaient trop de bruit. Celles de l’église qui sonnaient trop fort. Le croassement des grenouilles de la mare trop insistant. Le cri du coq trop perçant. Voilà maintenant la nouvelle plaie de la vie à la campagne : les vaches qui traversent la route. Un nouvel épisode de la bataille entre citadins qui s’s’installent en milieu rural et bruits de la campagne.

L’alerte a été donnée il y a une dizaine de jours par Julien Chatelein, éleveur à Vailly, en Haute-Savoie, sur sa page Facebook. "Nous venons de quitter les gendarmes qui sont venus nous annoncer qu'une plainte a été déposée contre nous, car nous empruntons la route deux fois par jour avec nos vaches pour la traite", écrit-il. "Combien d'entre nous allons devoir passer devant les tribunaux pour que le gouvernement comprenne que c’est l'agriculture nourricière du peuple qu'il faut défendre et pas les citadins qui n'ont toujours pas compris qu'ils mangent grâce à notre dur labeur."

La famille Chatelein possède, rapporte France Bleu Haute-Savoie, une dizaine de vaches laitières. Et chaque jour, l’éleveur leur fait emprunter la route communale, pour aller du pré à la machine à traire ou à la ferme. Quelques centaines de mètres, matin et soir. Mais ce trajet a déplu à des riverains, qui ont déposé une plainte contre le fermier pour "obstruction de la voie publique".

Sur les réseaux sociaux, le soutien est affiché largement. Le texte a été partagé près de 70.000 fois, suscité autant de commentaires. Une pétition a également été lancée sur Change, pour "demander à la mairie de Vailly de soutenir et de débouter le plaignant", cet "ex-citadin venu s’installer à la campagne qui dénonce, car il perd du temps derrière le troupeau de vaches". Elle a recueilli 3.600 signatures en un jour, et en affiche désormais près de 19.000.

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"Merci de nous nourrir"

"C'est honteux ! Moi qui adore rencontrer le troupeau de vaches le matin en partant au boulot. C'est même un privilège. C'est nous qui sommes venus envahir la campagne, pas l'inverse. Nous avons fait un choix, à nous de l'assumer", s'insurge Anne-Lise. "Mes deux grands-parents étaient agriculteurs, l’un dans le Morvan et l'autre à la sortie de la ville", se souvient Annick. "Nous allions en "champ les vaches", j'étais petite mais fière de tenir mon drapeau rouge pour signaler la présence des bêtes quand nous étions au bord de la route. En ce temps-là nous devions aussi deux fois par jour couper la RN6, c'était l'époque de la grande transhumance... des vacanciers." Mais à l'époque, le choc des cultures se déroulait plus pacifiquement : "Tout le monde s’arrêtait, c'était l'attraction et les gens patientaient, car en ce temps-là le respect de l'autre, du métier de l'autre était une réalité. Merci à nos agriculteurs courageux et travailleurs, merci de nous nourrir."

Cette mésaventure n’est pas sans rappeler celle arrivée en août dernier, quand des résidents secondaires du Biot, autre commune de Haute-Savoie, s’étaient plaint du bruit des cloches des vaches qui pâturent l’été en face de chez eux. Une pétition de soutien au maire de Biot avait été lancée pour que les bêtes puissent conserver leurs cloches. 117.000 signatures avaient été recueillies. Finalement, le conseil municipal a tranché mi-septembre : les vaches pourront garder leurs cloches.

Et le bruit des cloches ?

D’autres histoires finissent moins bien, pour les amis des bêtes à la campagne.  Comme ce couple de propriétaires en Dordogne, obligé de payer une amende et combler leur mare, parce que le coassement des grenouilles agaçait les nouveaux voisins. Rappelez-vous encore l’histoire du coq Maurice sur l’île d’Oléron, qui en chantant réveillait désagrablement les vacanciers. Il paraît même que certains pestent contre le chant des cigales dans le midi. Face à ça, certaines mairies tentent la pédagogie. A Guyans-Venne, une campagne de 800 habitants dans le Doubs, le maire a ainsi créé une charte du bien vivre ensemble. Objectif : prévenir les nouveaux arrivants des quelques désagréments comme le bruit des clochers, qui sonnent tous les quarts d'heure, ou encore les effluves des vaches...

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