Opération anti-migrants dans les Alpes : la compagnie d'hélicoptère se dit victime "d'une escroquerie"

Opération anti-migrants dans les Alpes : la compagnie d'hélicoptère se dit victime "d'une escroquerie"

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CONTROVERSE - D'après la direction de l'entreprise Heli Max, Génération identitaire ne leur avait pas précisé le but de l'opération pour laquelle ils ont loué deux appareils. S'estimant trompée, la société envisage de porter plainte contre l'organisation d'extrême droite.

"Nos entreprises ont été victimes (…) d’une escroquerie venant d’une association malsaine dénommée Génération Identitaire." La compagnie Heli Max ne cache pas son mécontentement, après l’opération "coup de poing" du mouvement Génération identitaire, dont une centaine de membres occupaient, samedi 21 avril, le col de l’Echelle (Hautes-Alpes), à la frontière franco-italienne, dans le but d'empêcher les migrants de passer.


Sur sa page Facebook, l'entreprise explique avoir été contactée "pour une simple mission de prise de vues aériennes banale avec 2 hélicoptères, qui s’est transformée en une véritable escroquerie commerciale, idéologique et nuisible à l’image de nos sociétés". La direction d'Heli Max affirme n’avoir pas eu connaissance du but des images. "Nous n’adhérons pas du tout à ces mouvements extrémistes-là !", écrit la société, qui envisage de porter plainte contre le mouvement d’extrême droite.

Organisée par le mouvement d'extrême droite Génération identitaire, l'opération visait à bloquer le col de l'Échelle, dans les Hautes-Alpes, "point stratégique de passage de migrants" venus d'Italie, selon Romain Espino, un des porte-paroles de GI. Entre 80 et 100 militants, secondés par deux hélicoptères, avaient bouclé le périmètre samedi. Une banderole géante a aussi été déployée. Les membres de GI prévoyait de "notifier" aux éventuels migrants "que la frontière est fermée et qu'ils doivent rentrer chez eux".


Tout au long de la journée, l'organisation d'extrême droite avait posté sur les réseaux de nombreuses photos et vidéos, sous les hashtags #BorderClosed et #StopMigrantsAlpes. 

L'opération aurait coûté plus de 30.000 euros à l’organisation Génération identitaire. La préfecture des Hautes-Alpes indiquait, samedi en début de soirée, qu'une partie des militants avait déjà quitté le site. Ce dimanche, en début d'après-midi, les derniers militants ont fait savoir qu’ils quittaient les lieux. "Le camp est en train d’être démonté et tous les militants redescendent du col de l’Échelle", a déclaré Romain Espino, porte-parole de GI.  Depuis son installation, le groupe n’a "pas été en contact avec des migrants", a-t-il précisé.

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