Arrêté avec les Femen, le photo-reporter Jacob Khrist, relâché après 36 heures de garde à vue : "Selon moi, c'était de l'intimidation"

SOCIÉTÉ

Toute L'info sur

Elections présidentielles

HÉNIN-BEAUMONT - Le photographe de l'agence Hans Lucas, Jacob Khrist, a été relâché, ce lundi soir, après trente-six heures de garde à vue. Il avait été interpellé à Hénin-Beaumont alors qu'il couvrait une action des Femen contre le Front national.

Il a vécu la soirée électorale depuis le commissariat de Lens. Le photographe Jacob Khrist de l'agence Hans Lucas est ressorti ce lundi 24 avril après trente-six heures de garde à vue. Il avait été interpellé dimanche matin à Hénin-Beaumont alors qu'il réalisait un reportage sur une action des Femen contre le Front national. En voiture sur la route du retour vers Paris peu après sa remise en liberté, il confie à LCI ses premières impressions.

Si les images de son interpellation, capturées par les confrères sur place, ont choqué les témoins et interpellé de nombreux internautes, Jacob Khrist nous assure "ne pas avoir subi de violences" lors de sa garde à vue. "J'avais les mains en sang en arrivant, parce que j'avais essayé de protéger mon matériel. Ensuite, on m'a enlevé les menottes au bout d'une heure" nous dit-il. 

Voir aussi

"Un avertissement, une intimidation"

Avec lui, six Femen ont également été placées en garde à vue pour exhibition sexuelle et rébellion. Mais concernant Jacob Khrist et les motifs de son interpellation, difficile d'en savoir plus. Dans un premier temps, une élue locale EELV, contactée par BFM TV, jugeait "cette arrestation préoccupante". Son agence, quant à elle, a publié dimanche un communiqué jugeant "inadmissible" l'interpellation "violente" du photographe "alors qu'il était dans l'exercice de son métier", ajoutant que le commissariat de Lens refusait de communiquer sur son état. Jacob nous explique les raisons selon lui avancées par la police, pendant sa garde à vue : "D'abord, on m'a parlé de complicité d'exhibition sexuelle, parce que je suivais les Femen. Ensuite, lors de la prolongation, on a rajouté le motif de rébellion."

Mais le photographe poursuit : "Je ne me suis pas rebellé, je n'ai pas été véhément. Je suis pacifiste, je sais pourquoi j'étais là. Je faisais mon travail. Les Femen, ça fait longtemps que je les suis." Le parquet, interrogé par La Voix du Nord, indique de son côté "qu'aucune suite n’est donc donnée en ce qui le concerne". Néanmoins, le photo-reporter a perçu cette interpellation comme "un avertissement, de l'intimidation". La suite ? Il compte bien coucher par écrit sa mésaventure, via sa page Facebook, dans les heures à venir. "Pour la liberté de la presse, c'est important d'en parler. Qu'est-ce que ça signifie ? Qu'à l'avenir, on pourra inquiéter n'importe qui filmant ou photographiant une action qui tombe sous le coup de la loi, en l'en rendant complice ?"

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter