13 novembre : le patron de La Belle Equipe témoigne de sa lente reconstruction dans un livre

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Les attentats du 13 novembre, trois ans après

ATTENTATS DE PARIS - Le 13 novembre 2015 à 21h36, Grégory Reibenberg a perdu dix de ses amis, dont la mère de sa fille, à la terrasse de son bar La Belle Equipe, où 20 personnes ont trouvé la mort. Dans son livre "Une belle équipe", il témoigne des jours difficiles qui ont suivi ce drame et raconte comment il s'est reconstruit.

"Greg, dis-moi que ça va", "On sait que ce n’est pas loin, tout va bien pour vous ?", "Qui a des nouvelles de Michelli ?"... Quelques minutes après l'horreur, alors que la France découvre en ce vendredi soir de novembre l'ampleur de l'attaque terroriste qui vient de la toucher, Grégory Reibenberg, le patron de La Belle Equipe, croule sous les SMS. Ses amis et ses proches ne savent pas encore qu'il vient de vivre les pires instants de sa vie. Et de perdre dix de ses amis, dont la mère de sa fille, sous les balles des djihadistes. "Je suis mort le 13 novembre 2015 à 21h36 pour renaître une poignée de secondes plus tard", écrit-il dans l'incipit de son ouvrage.

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Pour raconter l'histoire de sa reconstruction, Grégory Reibenberg publie, un an après les faits, "Une belle équipe"*. "J’écris pour Tess, ma fille. Je lui dois cela. J’écris pour ne pas perdre pied", y explique-t-il. C'est elle qui le pousse à avancer et l'empêche de sombrer, elle qui le fait tenir. Il l'appelle son "oxygène". De toute façon, il ne peut pas se dérober à la promesse qu'il a faite à Djamila, la mère de cette enfant de 8 ans, avant que celle-ci ne succombe dans ses bras.  

Je dois mettre en place des digues pour éviter les tsunamis cérébrauxGrégory Reibenberg

Tout au long des 200 pages du livre, le lecteur accompagne Grégory Reibenberg dans ses interrogations, sa solitude, sa tristesse. Sa culpabilité aussi. D'être vivant, de ne pas faire de cauchemars tout de suite, de ne pas ressentir de compassion pour les autres victimes. Tout simplement de continuer à vivre. "Le drame est tellement démesuré. J’ai même l’impression qu’il n’a pas encore entièrement infusé en moi. J’y vais par morceaux, pour éviter le trop-plein. Je dois mettre en place des digues pour éviter les tsunamis cérébraux", écrit cet enfant du 11e arrondissement.

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Il ne faut pas lire le livre de Grégory Reibenberg en espérant y trouver dans le moindre détail le récit de la fusillade du 13 novembre. L'entrepreneur parisien y fait seulement allusion à la toute fin de son livre, de façon plutôt succincte. "Enfant, je me demandais toujours pourquoi mes grands-parents refusaient de parler clairement de ce qu’ils avaient vu pendant la guerre, les camps, la mort, l’horreur. Maintenant, je sais pourquoi. Moi non plus, je n’ai pas envie. L’enfer, ce n’est pas un endroit que l’on retourne visiter sans que cela coûte, écrit-il.

Quoi qu’il arrive, et jusqu’à ma mort, ce lieu sera un lieu de vieGrégory Reibenberg

Aujourd'hui, La Belle Equipe a rouvert et fait peau neuve. Grégory Reibenberg n'en a jamais douté. Dans son ouvrage il raconte : "Je rouvrirai La Belle Equipe, et les rires reprendront leur droit. Quoi qu’il arrive, et jusqu’à ma mort, ce lieu sera un lieu de vie."

* "Une belle équipe", de Grégory Reibenberg, éditions Héliopoles. 15 euros, sortie le lundi 14 novembre 2016.

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Attentats de Paris : "La Belle Équipe", bar attaqué le 13 novembre, rouvre ses portes

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