Hommage à Malik Oussekine : la plaque de la discorde

SOCIÉTÉ

DANS LE RÉTRO – Trente ans après la mort de Malik Oussekine sous les coups de deux policiers, plusieurs hommages lui sont rendus ce mardi à Paris devant l'immeuble où il a été tué. Un lieu devant lequel l'installation d'une plaque commémorative avait fait polémique en 2006, tant pour son texte que pour son emplacement. LCI vous raconte.

Trente ans jour pour jour après la mort de Malik Oussekine, la mairie de Paris a rendu hommage mardi à cet étudiant de 22 ans battu à mort par deux policiers. La maire de la capitale, Anne Hidalgo, le sénateur PS David Assouline et Sarah Nassera, la sœur de Malik, ont déposé une gerbe devant la plaque en hommage au jeune homme. Cette dernière avait été installée en 2006 à l’initiative du groupe socialiste de la mairie. Mais à peine inaugurée par Bertrand Delanoë (voir vidéo ci-dessous), elle avait rapidement suscité une controverse.

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Une plaque inaugurée en hommage à Malik Oussekine le 6 décembre 2006

Les à-côtés de la plaque

Une premier polémique est née du texte de la plaque lui-même : "A la mémoire de Malik Oussekine, étudiant âgé de 22 ans, frappé à mort lors de la manifestation du 6 décembre 1986". Des associations et la famille, dont Sarah Nassera, avaient alors regretté qu'il ne soit pas fais mention des responsables de son décès : les policiers. Selon David Assouline, à l'initiative de l'installation de la plaque, "un compromis avait été trouvé" à l’époque. Le socialiste nous explique que "certaines personnes considéraient que si l'on mettait le mot 'policiers', on jetait le trouble sur l’ensemble de la profession. Et quand il s’agit de commémorer, il faut essayer de rassembler".

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    La deuxième polémique est, elle, liée à l'emplacement de la plaque, encastrée dans le trottoir face à l'entrée du bâtiment, et non sur la façade. Pourquoi ? Toujours selon David Assouline, la copropriété de l'immeuble a tout simplement refusé. "Elle ne tenait pas à ce qu’il y ait une plaque posée sur le bâtiment lui-même", affirme-t-il. Une information confirmée par Dominique Sopo, le président de SOS Racisme. Contacté par LCI, il évoque "la crainte que le mur soit dégradé et des soucis logistiques". De son côté, Sarah Nassera affirme que c'était "pour des questions esthétiques". "Ils pensaient probablement que cela aurait nuit à l'image de l'immeuble."

    C'est un peu étrange que cette plaque soit fichée dans le trottoir et que l’on marche dessus- Dominique Sopo, le président de SOS Racisme

    Egalement interrogée par LCI, la députée PS de Paris Sandrine Mazetier, rapporteure du vœu pour installer la plaque commémorative en 2006, affirme de son côté qu'il s'agissait "autant d'une appréhension sur ce qu'allait devenir ce lieu de mémoire que d'un souci pratique". Avant de détailler que pour apposer la plaque dans la façade, il fallait que la copropriété l'accepte, et "les délais étaient trop courts pour convoquer une AG".

    La décision d'installer la plaque sur le trottoir plaît au final à certains, pas à d'autres. Dominique Sopo considère ainsi comme "un peu étrange qu'elle soit fichée dans le trottoir et que l’on marche dessus". Quant à la sœur de Malik, Sarah, elle trouve que "ça fait un peu plaque d’égout". David Assouline et Sandrine Mazetier estiment de leur côté que "c’est encore plus fort d'avoir la plaque au sol". Contactés par LCI, les membres de la copropriété n'étaient pas joignables.

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      Vidéo. Malik Oussekine, 30 ans après : sa soeur, Sarah, reste convaincue qu'il est "mort pour rien"

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