"Toujours sur le qui-vive" : vous nous avez raconté ce que le 13 novembre a changé dans votre vie

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Les attentats du 13 novembre, trois ans après

TÉMOIGNAGES - Un an après les attentats du 13 novembre 2015, LCI vous a demandé via Facebook ce que ce drame avait changé sur votre quotidien. Méfiance, traumatisme, résistance... tour d'horizons de vos nouveaux réflexes

Douze mois. C’est peu et c’est beaucoup tant les choses ont changé. Un an après les attentats du 13 novembre, nous vous avons demandé si votre attitude, vos habitudes s'étaient modifiées au cours des derniers mois. 

Les réponses ont été nombreuses. Et une chose est sûre : rien ne sera plus jamais comme avant. Beaucoup d’entre vous racontent sur notre page Facebook avoir modifié leurs attitudess, acquis des réflexes. Rebecca, qui habite à Paris, assure ainsi être "toujours sur le qui-vive". Elle ne "déjeune plus en terrasse", et choisit avec soin ses restaurants. De son côté Karen, qui habite dans une petite ville, participe souvent à des lotos en salle avec sa belle-mère. Désormais, elle s’installe toujours à côté d’une issue de secours. "Mais ce qui a le plus qui a changé dans mon quotidien, c'est que je n'attache plus mon fils dans sa poussette pour pouvoir le prendre plus rapidement, au cas où", écrit-elle.

Je me prive mais tant pis- Pauline, internaute

Il a aussi fallu s’habituer à l’état d’urgence. "Ce qui m'a marqué le plus, c'est ce sentiment d'insécurité au quotidien et l’armée et la légion cet été sur la plage", raconte Caroline, qui habite à Toulon. "On n’a plus l'impression d'être en France, mais dans un pays en guerre", poursuit-elle, en évoquant "les rumeurs au quotidien concernant les alertes terroristes, les rues fermées occasionnant des bouchons et les voitures de police qui passent avec les sirènes pour une valise oubliée, et toujours cette peur d'une attaque pas loin du port, où est stationné le porte-avion Charles-de-Gaulle…" 

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    "Évidemment que nos habitudes changent", abonde Charlène. "Terminées les balades sur Paris et ses monuments, trop peur d’être à nouveau des cibles facile", dit-elle, revenant également sur le plan Vigipirate. "Dans les écoles, on ne plus déposer nos petits bouts dans leur classe, il faut les laisser à la porte, ils ne comprennent pas". Elle souligne ne même pas être sûre de l’efficacité du dispositif : "Au supermarché, on ne vérifie que nos sacs à mains, n’importe qui  peut tout à fait dissimuler quelque chose sur son corps". "Malheureusement, ça fait partie de notre vie désormais", estime Eliane. Qui n’a pas envie de se priver de vivre, mais cultive certaines précautions : éviter les marchés de Noël, les cinémas…

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      Beaucoup d’entre vous expliquent en effet éviter les grandes villes, être plus méfiants, ou plus attentifs. Paranoïa incontrôlée, ou prudence légitime, la frontière est parfois mince. Linda est de Marseille. Elle devait venir visiter Paris avec sa fille de 2 ans en mars. "Je ne l’ai pas fait par peur", reconnaît-elle. "C’est bête je sais, parce qu’il pourrait très bien se passer quelques chose à Marseille. Mais je n’arrive pas à amener ma fille visiter Paris alors que j’étais tellement impatiente de le faire". 

      Pauline voulait venir voir le dernier spectacle de Gad Elmaleh et Kev Adams. Sauf que… "c’était le samedi 12 ou dimanche 13 novembre. La date anniversaire. Je me suis dis : 'Non, impossible pour moi'. Je me prive mais tant pis."

      Il faut leur montrer que l'on ne s'empêchera pas de vivre et que l'on ne les laissera pas gagner- Marie, internaute

      Kiki ne se prive pas forcément de sorties sur Paris ni de spectacles, mais ouvre l’œil. "Je suis attentive à ce qui se passe autour de moi, surtout dans les transports", dit-elle. En revanche "mon fils de 18 ans qui était au stade de France le 13 novembre ne semble plus très chaud pour y retourner". Manon aussi continue d'aller au cinéma, de déjeuner en terrasse ... "Mais je pense toujours à ce qui pourrait se passer si j'étais là au mauvais moment. Je fais dorénavant plus attention à ce qui m'entoure, peut-être trop." 

      Certains ont décidé de mieux se préparer, pour savoir réagir. Au cas où. Cyd a ainsi suivi la formation aux premiers secours, proposée par la Croix rouge, qui redonne les bases : pratiquer un massage cardiaque, utiliser un défibrillateur, arrêter une hémorragie... "Mais suffit-elle sur une scène de guerre ?", se demande-t-elle. Elle habite près de Dammartin-en-Goële et entend encore la voix de sa fille, au téléphone, confinée dans sa classe le 9 janvier 2015, au moment de la traque des frères Kouachi. "Elle était affolée, j'étais à des kilomètres, venant de prendre mon poste à l'hôpital. Je n'ai rien pu faire. Cette journée a été horrible." 

      Corinne, elle, sortait du cinéma le 13 novembre 2015 au soir, et a vu passer les sirènes hurlantes. "A mon travail, deux collègues ont été blessés, un autre a perdu son meilleur ami. Un collègue qui rentrait chez lui est passé près des balles, et sursaute encore aujourd'hui à chaque claquement." Elle a décidé de devenir Sauveteur secouriste au travail (SST) : "Je me dis que si ça recommence, je pourrais peut être aider."

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        Mais malgré les formations, les précautions, la peur ne reste jamais loin. Thiébault se souvient du jour de la finale de l’Euro. Il était dans la fan zone. Il raconte que plusieurs personnes ont forcé l’entrée. "Je les regardais faire et là, on a entendu d'énormes détonations. Comment ne pas penser attentat ?" Une autre fois, dans les rues de Versailles, il sursaute en entendant des explosions… C’était un tir de feu d’artifice au château. Pourtant, il refuse d’arrêter de vivre. "Je ne vais pas limiter mes sorties sous prétexte que des barbares font tout sauter ou tirent à vue", promet-il. 

        "S'interdire de faire quelque chose, c'est leur donner raison. Hors de question qu'ils aient le sentiment de réussir à atteindre ma liberté !" "Ne leur laissons pas ce plaisir", ajoute Marie. "Ce n'est pas en frôlant les murs et en ne faisant plus rien que l'on sera plus en sécurité... Un an que cela s'est passé, un an où l’on est resté choqués, mais un an aussi pour leur montrer que l'on ne s'empêchera pas de vivre et que l'on ne les laissera pas gagner."

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