Hommage aux victimes du terrorisme : "Ce n’est pas Hollande qui en est à l’origine !

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MISE AU POINT – La secrétaire d’Etat Juliette Méadel a annoncé vendredi que François Hollande rendrait hommage aux victimes du terrorisme le 19 septembre, laissant entendre qu’il s’agissait d’une initiative du président. Stéphane Gicquel, porte-voix des victimes, rétablit la vérité auprès de LCI.

On a pu croire que le message annonçait un événement inédit. "Le 19 septembre, hommage de François Hollande à toutes les victimes du terrorisme dans les jardins de l'intendant de l'hôtel national des Invalides", proclamait le tweet posté vendredi par Juliette Méadel. 

En le développant sur Franceinfo, la secrétaire d’Etat à l’aide aux victimes a également laissé entendre que François Hollande, qui prononcerait "un grand discours" à cette occasion , en était à l’origine : elle a souligné que "toutes les victimes d'attentats terroristes, toutes les associations de victimes" seraient "naturellement invitées" à cet "hommage global", "absolument nécessaire" aujourd’hui. Le 19 septembre, a-t-elle précisé, est "une journée qui correspond à un ancien attentat que vous avez connu puisque c'est le DC-10 d'UTA".

Les associations de victimes conviées à cet hommage ? En réalité, ce sont elles qui sont à l’origine de l’événement, rectifie auprès de LCI Stéphane Gicquel, le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (FENVAC). "Nous avions lancé l’invitation à François Hollande au début du mois d’août, et nous savions déjà qu’il y avait répondu favorablement", explique-t-il.

Car en fait, cette journée d’hommage aux victimes du terrorisme a été créée il y a… 18 ans.  "On la présente comme une nouveauté, un événement exceptionnel à l’initiative du président de la République, ce qui n’est pas vrai, explique Stéphane Gicquel. Cette cérémonie a été créée en 1998 par l’association SOS attentats, dissoute en 2008. Elle est aujourd’hui portée par la Fenvac,  l’Association française des Victimes du Terrorisme (AFVT) et l’association '13 novembre : fraternité et vérité'".  Au moment de sa création, sous le premier quinquennat de jacques Chirac donc, la date du 19 septembre avait effectivement été choisie, comme l’a souligné Juliette Méadel, car elle correspondait à l’anniversaire de l’attentat qui était encore à l’époque le plus meurtrier pour des Français, l’explosion au-dessus du Niger du DC-10 d’UTA, qui avait provoqué la mort de 170 personnes, dont 54 de nos ressortissants, en 1989.

Si Stéphane Gicquel tient à rectifier les choses, c’est qu’il ne veut pas que l’on "dénature le sens profond" de cette cérémonie. "Ce n’est pas du tout un hommage national dans le sens de ce qui devrait être organisé à Nice dans quelques semaines ou de ce qu’il y avait eu aux Invalides pour le 13 novembre : dans ces cas-là,  c’est vraiment la Nation qui le rend, à l’initiative du président de la République, et lui seul a la parole, avec les honneurs militaires". Le 19 septembre en revanche, des victimes d’attentats viennent d’abord témoigner, avant que des dirigeants associatifs ne prennent la parole, et enfin que l’autorité invitée ne vienne à la tribune prononcer à son tour un discours faisant écho aux différents propos entendus. Avant Christiane Taubira l’année dernière ou Bernard Cazeneuve la précédente, François Hollande  lui-même avait d’ailleurs déjà tenu ce rôle en 2012 (comme avant lui Jacques Chirac ou Lionel Jospin).

"La dimension associative et le fait que des victimes soient à l’origine de cette cérémonie du 19 septembre en donnent toute la particularité", répète Stéphane Gicquel . Qui n’en attend pas moins "un  discours fort" du chef de l’Etat à cette occasion, comme il l’a déclaré face aux caméras de LCI :  

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Attentat de Nice : "Les victimes attendent des actes" selon Stéphane Gicquel

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