Hôpitaux : des urgences menacées de fermeture en Normandie, le maire de Dieppe monte au créneau

Hôpitaux : des urgences menacées de fermeture en Normandie, le maire de Dieppe monte au créneau

POLÉMIQUE - En Normandie, l'Agence régionale de santé (ARS) souhaite fermer des services d'urgences pour les remplacer par des centres de premiers soins fermés la nuit. Une décision vivement dénoncée par le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel.

La polémique enfle en Normandie. Le conseiller régional PCF de Normandie Sébastien Jumel a vivement dénoncé jeudi la volonté, selon lui, de l'Agence régionale de santé (ARS) de fermer des services d'urgences pour les remplacer par des centres de premiers soins fermés la nuit. La région expérimente depuis mars ces "centres de soins non programmés" (CSNP), dans deux hôpitaux où les urgences ont fermé, à Valognes (Manche) et à Aunay-sur-Odon (Calvados). Une première en France.

Après plusieurs mois de fonctionnement, "la poursuite de cette expérimentation sur les deux sites est confirmée et une réflexion est envisagée pour l'élargir à l'ensemble du territoire normand", a indiqué mi-novembre l'ARS dans un communiqué. L'agence tire sa conclusion d'une étude sur les quatre premiers mois de fonctionnement des CSNP.

Interrogée par l'AFP pour savoir quels seraient les prochains hôpitaux concernés, l'ARS a répondu, par écrit, que ces expérimentations se déroulent dans le cadre d'un "appel à candidatures" et que "seuls" les hôpitaux d'Aunay et de Valognes y ont répondu.  Jeudi dans la soirée, l'ARS a précisé dans un mail à l'AFP que "l'élargissement de cette expérimentation au-delà des deux établissements n'est pas d'actualité".  

Cette politique se fait au détriment des classes populaires- Sébastien Jumel, maire de Dieppe

Face à ces annonces, le maire de Dieppe est monté au créneau. Le gouvernement "doit stopper immédiatement les projets de fermeture de services d'urgences en Normandie que l'ARS fomente. Après ce qui s'est passé aux Etats-Unis, le gouvernement a une responsabilité historique car ce programme de casse des services de santé dans les territoires éloignés des métropoles nourrissent la 'trumpisation des esprits', étant donné que "cette politique se fait au détriment des classes populaires", affirme Sébastien Jumel.

L'ARS précise toutefois que l'expérimentation proposée s'adresse aux "établissements situés à moins de 30 minutes d'accès d'une autre structure d'urgences" et "rencontrant des difficultés soit en terme de démographie médicale", comme à Valognes, "soit enregistrant une activité proche de 10.000 passages par an", comme à Aunay (7.500).

Des services ouverts 10 heures par jour et non 24h/24h

Le remplacement des urgences par des CSNP à Valognes et Aunay avait suscité de vives résistances. Un recours d'élus locaux contre la fermeture de Valognes avait été rejeté par la justice. Près de 2.000 personnes avaient manifesté en août 2015 pour le maintien des urgences dans cette commune.

Les CSNP sont ouverts 10 heures par jour et non 24h/24h. Celui de Valognes est fermé le week-end et pendant les vacances scolaires. On y traite des blessures sans gravité (points de suture, pose de résine après fracture). Les médecins qui y travaillent sont des généralistes formés aux premiers gestes d'urgence. Mais ils n'ont pas le diplôme de la spécialité urgentiste. "Aunay n'avait pas le choix. Après le retrait de subventions par l'ARS, le service d'urgences ne pouvait plus fonctionner", souligne de son côté Claire Gadois de FO à l'hôpital d'Aunay.

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Hôpitaux : environ 70 services d'urgences menacés de disparition

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